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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVII. Jahrhundert.

car ils sont inconnus en Crete: tout le monde y travaille, et personnene songe ä sy enrichir; chacun se croit assez paye de son travail parune vie douce et reglee, lon jouit en paix et avec abondance detout ce qui est veritablement necessaire ä la vie. On ny souffre nimeubles precieux, ni habits magnifiques, ni festins delicieux, ni palaisdores. Les habits sont de laine fine et de helles couleurs, mais toutunis et sans broderie. Les repas y sont sobres; on y boit peu de vin:le bon pain en fait la principale partie, avec les fruits que les arbresoffrent comme deux-memes, et le lait des troupeaux. Tout au pluson y mange un peu de grosse viande sans ragoüt; encore meine a-t-onsoin de reserver ce quil y a de meilleur dans les grands troupeaux deboeufs pour faire fleurir lagriculture. Les maisons y sont propres,commodes, riantes, mais sans ornements. La superbe architecture nyest pas ignoree; mais eile est reservee pour les temples des dieux, etles hommes noseraient avoir des maisons semblables a celles desimmortels. Les grands biens des Cretois sont la sante, la force, lecourage, la paix et lunion des familles, la liberte de tous les citoyens,labondance des choses necessaires, le mepris des superflues, lhabitudedu travail, et lhorreur de loisivete, lemulation pour la vertu, la sou-mission aux lois, et la crainte des justes dieux.

Je lui demandai en quoi consistait lautorite du roi, et il merepondit: II peut tout sur les peuples; mais les lois peuvent tout surlui. II a une puissance absolue pour faire le bien, et les mains lieesdes quil veut faire le mal. Les lois lui confient les peuples comme leplus precieux de tous les depots, ä condition quil sera le pere de sesSujets. Elles veulent quun seul homme serve par sa sagesse et par samoderation ä la felicite de tant dhommes; et non pas que tantdhommes servent par leur misere et par leur servitude lache a flatterlorgueil et la mollesse dun seul homme. Le roi ne doit rien avoir au-dessus des autres, excepte ce qui est necessaire ou pour le soulagerdans ses penibles fonctions, ou pour imprimer aux peuples le respectde celui qui doit soutenir les lois. Dailleurs le roi doit etre plussobre, plus ennemi de la mollesse, plus exempt de faste et de hauteurquaucun autre. II ne doit point avoir plus de richesses et de plaisirs,mais plus de sagesse, de vertu et de gloire que le reste des hommes.II doit etre au dehors le defenseur de la patrie, en commandant lesarmees; et au dedans le juge des peuples pour les rendre bons, sageset heureux. Ce nest point pour lui-meme que les dieux lont fait roi;il ne Test que pour dtre lhomme des peuples: cest aux peuples quildoit tout son temps, tous ses soins, toute son affection; et il nest dignede la royaute quautant quil soublie lui-meme pour se sacrifier aubien public. Minos na voulu que ses enfants regnassent apres lui quacondition quils regneraient suivant ces maximes. Il aimait encore plusson peuple que sa famille. Cest par une teile sagesse quil a rendula Crete si puissante et si heureuse. Cest par cette moderation quil