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XVIII. Jahrhundert.
me trouver dans quelques jours, je vous aurai peut-etre dejä deterreun poste convenable.
Effectivement, -des la premiere fois que nous nous revimes, il medit: Monsieur l’archeveque de Grenade, mon parent et mon ami, vou-drait avoir pres de lui un homme qui eüt de la litterature etune bonnemain, pour mettre au net ses ecrits; car c’est un grand auteur. II acompose je ne sais conibien d’homelies, et il en fait encore tous lesjours qu’il prononce avec applaudissement. Corume je vous crois sonfait, je vous ai propose, et il m’a promis de vous prendre; allez vouspresenter a lui de ma part. Vous jugerez par la reception quil vousfera, si je lui ai parle de vous avantageusement.
La condition me sembla teile que je la pouvais desirer. Ainsi,m’etant prepare de mon mieux ä paraitre devant le prelat, je me rendisun matin ä l’archeveche. Si j’imitais les faiseurs de romans, je feraisune pompeuse description du palais episcopal de Grenade; je m’eten-drais sur la structure du batiment; je vanterais la richesse des meubles;je parlerais des statues et des tableaux qui y etaient. Je ne ferais pasgrace au lecteur de la moindre des histoires qu’ils representaient: maisje me contenterai de dire qu’il egalait en magnificence le palais denos rois.
Je trouvai dans les appartements un peuple d’ecclesiastiques, etde gens d’ep^e, dont la plupart etaient des officiers de monseigneur,ses aumoniers, ses gentilshommes, ses ecuyers, ou ses valets dechambre. Les la'iques avaient tous des habits superbes. On les auraitplutöt pris pour des seigneurs que pour des domestiques. Ils etaientfiers, et faisaient les hommes de consequence. Je ne pus m’empecherde rire en les considerant, et de m’en moquer en moi-meme. Parbleu,disais-je, ces gens-ci sont bien heureux de porter le joug de la servi-tude sans le sentir, car enfin, s’ils le sentaient, il me semble qu’ilsauraient des manieres moins orgueilleuses. Je m’adressai a un graveet gros personnage qui se tenait ä la porte du cabinet de l’arclieveque,pour l’ouvrir et la fermer quand il le fallait. Je lui demandai civile-ment s’il n’y avait pas moyen de parier a monseigneur. Attendez, medit-il d’un air sec, sa grandeur va sortir pour aller entendre la messe,eile vous donnera en passant un moment d’audience. Je ne repondispas un mot. Je m’armai de patience, et je m’avisai de vouloir lierconversation avec quelques-uns des officiers; mais ils commencerent am’examiner depuis les pieds jusqu’a la tete sans daigner me repondreune syllabe. Apres quoi ils se regarderent les uns les autres, ensouriant avec orgueil de la liberte que j’avais prise de me meler ä leurentretien.
Je demeurai, je l’avoue', tout deconcerte de me voir traiter ainsipar des valets. Je n’etais pas encore bien remis de ma confusion quandla porte du cabinet s’ouvrit. L’archeveque parut; il se fit aussitot unprofond silence parmi ses officiers, qui quitterent tout k coup leur