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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVIII. Jahrhundert.

de mes ouvrages. Votre grandeur, lui repliquai-je, na quä parier.Lhomme qui peint si bien, est un licencie de ma connaissance. II seradautant plus ravi de vous faire ce plaisir, quil pourra par ce moyeninteresser votre clemence ä le tirer de la triste Situation ou il a lemalheur de se trouver presentement.

Le prelat ne manqua pas de demander comment se nommait celicencie. II sappelle, lui dis-je, Louis G-arcias. II est au desespoir desetre attire votre disgrace. Ce Garcias, interrompit-il, a, si je ne metrompe, ete aumonier dans un couvent de filles; il a encouru Ies cen-sures ecclesiastiques. Je me souviens encore des memoires qui montete donnes contre lui. Ses moeurs ne sontpas fort Iqonnes. Monseigneur,interrompis-je ä mon tour, je nentreprendrai point de le justifier, maisje sais quil a des ennemis. 11 pretend que les auteurs des memoiresque vous avez vus, se sont plus attaches a lui rendre de mauvais Officesquä dire la verito. Cela peut etre, reprit larcheveque. Il y a dans lemonde des esprits bien dangereux. Dailleurs, je veux que sa conduitenait pas toujours ete irreprochable, il peut sen etre repenti; enfin, ätout peche misericorde. Amene-moi ce licencie, je leve 1interdiction.

Cest ainsi que les hommes les plus severes rabattent de leurseverite, quand leur plus eher intdret sy oppose. Larcheveque accordasaus peine au vain plaisir davoir ses oeuvres bien ecrites ce quil avaitrefusd aux plus puissantes sollicitations. Je portai promptement cettenouvelle au maitre dhötel, qui la fit savoir ä son ami Garcias. Celicencie, des le jour suivant, vint me faire des remerciements propor-tionnes ä la grace obtenue. Je le presentai ä mon maitre, qui se con-tenta de lui faire une legere reprimande, et lui donna des homelies ämettre au net. Garcias sen acquitta si bien quil fut retabli dans sonministere. Il obtint meine la eure de Gabie, gros bourg aux environsde Grenade. Ce qui prouve bien que les benefices ne se donnent pastoujours ä la vertu.

Tandis que je rendais ainsi Service aux uns et aux autres, donFernand de Leyva se disposait ä quitter Grenade. Jallai voir ceseigneur avant son depart, pour le remercier de nouveau de lexcellentposte quil mavait procure. Je lui en parus si satisfait, quil me dit:Mon eher Gil Blas, je suis ravi que vous soyez content de mon onclelareheveque. Je suis charme dd ce grand prelat, lui repondis-je, et jedois letre. Outre que cest un seigneur fort aimable, il a pour moi desbontds que je ne puis assez reconnaitre. Il ne men fallait pas moinspour me consoler de netre plus aupres du seigneur don Cesar et deson fils. Je suis persuade, reprit-il, quils sont aussi tous deux mortifiesde vous avoir perdu. Mais vous netes peut-etre pas separes pourjamais. La fortune pourra quelque jour vous rassembler. Je nentendispas ces paroles sans mattendrir. Jen soupirai, et je sentis dans cemoment- que jaimais tant don Alphonse, que jaurais volontiersabandonne lareheveque, et les belles esperances quil mavait donnees.