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XVIII. Jahrhundert.
vienne d’ailleurs, et qu’ils aient pris de leurs voisins tout ce qui con-cerne le gouvernement politique et civil?
Qui peut penser qu’un royaume le plus ancien et le plus puissantde l’Europe, soit gouverne, depuis plus de dix siecles, par des lois quine sont pas faites pour lui ? Si les Frangais avaient ete conquis, cecine serait pas diffieile ä comprendre; mais ils sont les conquerants.
Ils ont abandonne les lois anciennes, faites par leurs premiers roisdans les assemblees generales de la natiön; et, ce qu’il y a de singulier,c’est que les lois romaines qu’ils ont prises ä la place, etaient en partiefaites, et en partie redigees par des empereurs contemporains de leurslegislateurs.
Et afin que l’acquisition füt entiere, et que tout le bon sens leurvint d’ailleurs, ils ont adopte toutes les constitutions des papes, et enont fait une nouvelle partie de leur droit; nouveau genre de servitude.
II est vrai que dans les derniers teraps ©n a redige par ecrit quel-ques Statuts des villes et des provinces; mais ils sont presque tous prisdu droit romain.
Cette abondance de lois adoptees, et pour ainsi dire naturalisees,est si grande, qu’elle accable egalement la justice et les juges. Maisces volumes de lois ne sont rien en eomparaison de cette armeeeffroyable de glossateurs, de commentateurs, de compilateurs; gensaussi faibles par le peu de justesse de leur esprit qu’ils sont forts parleur nombre prodigienx.
Ce n’est pas tout. Ces lois etrangeres ont introduit des formalitesqui sont la honte de la raison humaine. II serait assez diffieile de de-cider si la forme s’est rendue plus pernicieuse lorsqu’elle est entreedans la jurisprudenee, ou lorsqu’elle s’est logee dans la medecine; sieile a fait plus de ravages sous la robe d’un jurisconsulte que sous lelarge chapeau d’nn medecin; et si dans l’une eile a plus ruine de gensqu’elle n’en a tue dans l’autre.
A Paris ie 12. de la lune de Saphar. 1717.
Voltaire.
Franz Maria Arouet de Voltaire ward geboren 2 u Chatenay beiParis, den 20. Februar 1694. Seine erste Bildung erhielt er in dem Jesuiten-collegium Ludwigs XIV. Seine Liebe zur Dichtkunst erwachte früh, undschon in seinem dritten Lebensjahre vermochte er Lafontaine’sche Fabeln aus-wendig herzusagen. Sein Vater wünschte, dass er sich der Rechtswissenschaftwidmete, aber seine Liebe zu freier Geistesthätigkeit liess es ihn darin nichtweit bringen. Er machte immer fort Verse, und nährte diese Neigung in derGesellschaft geistreicher und witziger Männer, unter denen sich Cliaulieu,