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XVm. Jahrhundert.
Dieux! maitresse de 1’Inde, esclave au bord du Tibre!Qu’importe que son nom commande a l’univers,
Et qu’on l’appelle reine, alors qu’elle est aux fers?
Qu’importe ä ma patrie, aux Romains que tu braves,D’apprendre que Cesar a de nouveaux esclaves?
Les Persans ne sont point nos plus fiers ennemis;
II en est de plus grands. Je n’ai point d’autre avis.
Cesar.
Et toi Brutus aussi?
Anto'ine (ä Cesar).
Tu connais leur audace;
Yois si ces coeurs ingrats sont dignes de leur grace.
Cäsar.
Ainsi vous voulez donc, dans vos tdmeritös,
Tenter ma patience, et lasser mes bontes?
Yous qui m’appartenez par le droit de l’epee,
Rampants sous Marius, esclaves de Pomp^e;
Vous qui ne respirez qu’autant que mon courrouxRetenu trop longtemps s’est arret6 sur vous:
Republicains ingrats, qu’enhardit ma clemence,
Vous qui devant Sylla garderiez le silence;
Vous que ma bonte seule invite a m’outrager,
Sans craindre que Cesar s’abaisse ä se venger.
Voilä ce qui vous donne une ame assez hardiePour oser me parier de Rome et de patrie,
Pour affecter ici cette illustre hauteur
Et ces grands sentiments devant votre vainqueur.
II les fallait avoir aux plaines de Pharsale: 1La fortune entre nous devient trop inegale;
Si vous n’avez su vaincre, apprenez ä servir.
Brutus.
Cesar, aucun de nous n’apprendra qu’ä mourir:
Nul ne m’en desavoue; et nul en ThessalieN’abaissa son courage ä demander la vie.
Tu nous laissas le jour, mais pour nous avilir;
Et nous le dötestons, s’il te faut ob&r.
Cesar, qu’a ta colere aucun de nous n’echappe:
Commence ici par moi. Si tu veux regner, frappe.
Cäsar.
Ecoute....et vous sortez. (Jlssortent.) Brutus m’ose offenser!Mais sais-tu de quels traits tu viens de me percer?
1 Pharsalus, rro Cäsar den Pcmpejus besiegte.