Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
181
JPEG-Download
 

Barthelemy.

181

ä son gre des passions des autres, parcequil etait maitre des siennes.Mais ce qui accelera ses succes, ce fut la force de son caractere. Soname independante et altiere fut indignee de bonne heure de la domina-tion que les Lacedemoniens et les Atheniens avaient exercee sur lesGrecs en general, et sur les Thebains en particulier. II leur voua unehaine quil aurait renfermee en lui-meme; mais des que sa patrie luient confie le soin de sa vengeance, il brisa les fers des nations, etdevint conquerant par devoir; il forma le projet aussi hardi que nouveaudattaquer les Lacedemoniens jusque dans le centre de leur empire, etde les depouiller de cette preeminence dont ils jouissaient depuis tantde siecles; il le suivit avec obstination, au mepris de leur puissance, deleur gloire, de leurs alli^s, de leurs ennemis, qui voyaient dun oeilinquiet ces progres rapides des Thebains; il ne fut point arrete nonplus par lopposition dun parti qui setait forme ä Thebes, et quivoulait la paix, parce quEpaminondas voulait la guerre. Meneclidesetait ä la tete de cette faction. Son 6loquence, ses dignites, et lattraitque la plupart des hommes ont pour le repos, lui donnaient un grandcredit sur le peuple. Mais la fermet6 dEpaminondas detruisit ä la finces obstacles; et tout etait dispos6 pour la Campagne, quand nous lequittames. Si la mort navait termine ses jours au milieu dun triomphequi ne laissait plus de ressources aux Lacedemoniens, il aurait de-mande raison aux Atheniens des victoires quils avaient remportees surles Grecs, et enrichi, comme il le disait lui-meme, la citadelle deThebes des monuments qui decorent celle dAthenes.

Nous avions souvent occasion de voir Polymnis, pere dEpaminon-das. Ce respectable vieillard etait moins touche des hommages quelon rendait ä ses vertus que des honneurs que lon decernait ä son fils.Il nous rappela plus dune fois ce sentiment si tendre quau milieu desapplaudissements de larmee Epaminondas laissa eclater apres la ba-taille de Leuctres:Ce qui me Hatte le plus, cest que les auteurs demes jours vivent encore, et quils jouiront de ma gloire. .

Les Thebains avaient Charge Polymnis de veiller sur le jeunePhilippe, frere de Perdiccas, roi de Macedoine. Pelopidas ayant pacifieles troubles de ce royaume, avait requ pour otages ce prince et trentejeunes seigneurs macedoniens. Philippe, äge denviron dix-huit ans,reunissait deja le talent au desir de plaire. En le voyant, on etaitfrappe de sa beaute; en lecoutant, de son esprit, de sa memoire, deson eloquenee et des graces qui donnaient tant de charmes ä sesparoles. Sa gaiete laissait quelquefois ^chapper des saillies quinavaient jamais rien doffensant. Doux, affable, genereux, prompt ädiscerner le merite, personne ne connut mieux que lui lart et la ne-cessite de sinsinuer dans les coeurs. Le Pythagoricien Nausithoüs,son instituteur, lui avait inspire le goüt des lettres quil coriserva toutesa vie, et donne des leqons de sobriete quil oublia dans la suite.Lamour du plaisir pergait au milieu de tant dexcellentes qualites,