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XVIII. Jahrhundert.
mais il n’en troublait pas l’exercice; et Fon presumait d’avance que sice jeune prince montait un jour sur le trone, il ne serait gouverne nipar les affaires ni par les plaisirs.
Philippe etait assidu aupres d’Epaminondas: il etudiait dans leg6nie d’un grand homme le secret de le devenir un jour; il recueillaitavec empressement ses discours, ainsi que ses exemples; etce fut danscette excellente ecole qu’il apprit a se moderer, k entendre la verite,ä revenir de ses erreurs, k connaitre les Grecs, et a les asservir.
Chap. IX.
Voyage ä Corinthe. Xenoplion. Timoleon.
En arrivant dans la Grece, nous apprimes que les Eleens s’6taientempares d’un petit endroit du Peloponese, nomme Scillonte, ou Xeno-phon faisait sa residence; il etait venu avec ses fils s’etablir a Corinthe.Timagene etait impatient de le voir. Nous partimes, amenant avecnous Phiiotas, dont la famille avait des liaisons d’hospitalite avec cellede Timodeme, l’une des plus anciennes de Corinthe. Nous traversämesEleusis, Megäre, l’Isthme; nous etions trop presses pour nous occuperdes objets qui s’offraient a nous sur la route.
Timodeme nous conduisit lui-meme chez Xenophon. Il etaitsorti; nous le trouvämes dans un temple voisin, oü il offrait un sacri-fice. Tous les yeux etaient leves sur lui; il ne les levait sur personne;car il paraissait devant les dieux avec le meme respect qu’il inspiraitaux hommes. je le considerais avec un vif interet. Il paraissait äged’environ soixante-dix a soixante-quinze ans; et son visage conservaitencore des restes de cette beaute qui l’avait distingue dans sa jeunesse.
La ceremonie etait a peine achevee, que Timagene se jette a soncou, et, ne pouvant s’en arracher, l’appelle, d’une voix entrecoupee,son general, son sauveur, son ami. Xenophon le regardait avec etonne-ment, et chejchait a demeler des traits qui ne lui etaient pas inconnus,qui ne lui etaient plus familiers. Il s’ecrie k la fin: C’est Timagene,sans doute? Eh! quel autre que lui pourrait conserver des Sentimentssi vifs apres une si longue absence? Yous me faites eprouver dans cemoment combien il est doux de voir renaitre des amis dont on s’estcru separe pour toujours. De tendres embrassements suivirent de prescette reconnaissance; et pendant tout le temps que nous passämes äCorinthe, des eclaircissements mutuels firent le sujet de leurs frequentsentretiens.
Ne dans un bourg de l’Attique, eleve dans l’ecole de Socrate,Xenophon porta d’abord les armes pour sa patrie, ensuite il entracomme volontaire dans l’arm6e qu’assemblait le jeune Cyrus pour de-troner son frere Artaxerxes, roi de Perse. Apres la mort de Cyrus, ilfut Charge, conjointement avec quatre autres officiers, du commande-