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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Anhang.

jamais senti les devoirs que comme une cliaine, il avait toujours trouveqne son propre mouvement le portait par delä la place qui lui etaitassignee; il navait pu voir, malheureux quil etait, que le devoir, loindetre une barriere aux sentiments de lhomme, est au contraire leurapplication bien dirig^e.

Il en est, ä cet egard, comme pour toutes les prerogatives dontlhomme semble avoir ete doue par la nature. Afin de pouvoir vivreen societe, il en sacrifie une portion, pour que la tranquille jouissancede lautre portion lui soit assure. Il avait droit a la possession de laterre entiere, mais chacun pouvait combattre lexercice de ce droit.Alors il sest resigne ä en posseder une faible part, personne nepüt venir le troubler. De meme ses affections pouvaient embrassertous les objets de la nature; mais eiles nauraient rien de fixe ni das-sure. La societü, en donnant ä lhomme des liens de famille et depatrie, des moeurs, des lois, a restreint ses affections; mais aussi eileles protege, et dispose tont, autour delles, afin quelles puissent avoirun libre cours. Retenues dans le juste et dans lhonnete, elles neblessent personne, et nulnedoitles attaquer. Par un retour necessaire,si lon vient, au contraire, ä porter ses sentiments hors des limitesimposees par la societe, eile se venge dautant plus cruellement quelleest mieux reglee. Elle tourmente sans cesse ceux qui ont enfreintlordre general, et leur fait sentir de mille manieres quils ont rompul'equilibre etabli. Alors ils secrient contre les devoirs imposes par lasociete; ils les accusent detouffer les sentiments naturels, et ne saper-goivent pas que les devoirs ne sont autre chose que des sentimentspermis et consacres.

Pour Rousseau, jamais 1accomplissement du devoir navait ete lasource daucune jouissance; il navait pu y trouver lemploi dune ameardente et sensible. Toujours il setait rencontre dans une positionfausse, ses sentiments dtaient deplaces; aussi accusa-t-il de sesmalheurs les institutions humaines. Au fond de son coeur, il les accu-sait sans doute aussi de ses fautes; et il nourrissait ainsi un sentimentdaigreur et dhostilite contre la societe,> son caractere et les cir-constances lavaient empeche de prendre une place convenable.

Il voulut donc faire marcher Thomme a la vertu, non par respectpour les devoirs, mais par un eian libre et passionne; il voulut quil ensuivit la route avec orgueil et independance. Une teile route est malsüre; il en est peu qui ne sy egarent. Rousseau nous a donne sa vieen exemple. Elle fut remplie derreurs et de fautes; et nul naprofessela vertu avec plus de chaleur et denthousiasme. Quand une fois onna pas soumis sa conduite aux regles prescrites, cest en vain quelimagination est enflammee de zele pour tout ce qui est noble et hon-nete, on nest pas plus vertueux. Cest une chose particuHere auxtemps civilises que ces caracteres nourris dillusions, qui, en sisolantdes circonstances reelles, vivent dans les sentiments les plus sublimes.