XV
mémoire présenté à l’empereur, Phull s’exprime de lamanière suivante sur les mesures à prendre pour ame-ner à une issue favorable la guerre contre Napoléon :« Agir avec la rapidité de l’éclair, c’est le privilège ex-» clusif du génie. Il faut lui opposer une persévérance» modeste, de l’économie et de l’ordre dans toutes les«mesures, il faut agir avec sagesse et prudence, deux» écueils contre lesquels le génie a souvent échoué. » —Quoiqu’il fût difficile de fixer d’avance cette ligne deretraite, et de disposer d’après cela le théâtre de laguerre, on pouvait néanmoins supposer que Napoléonaurait en vue ou le Nord-ouest ou le Sud-ouest de laRussie et que pour opérer réellement, il pénétrerait parl’une ou l’autre de ces provinces frontières, ce qu’il nepourrait cependant exécuter qu’après avoir battu l'arméerusse. C’est pour cette raison que Phull admit deux ar-mées pour la Russie ; l’une pour le théâtre de la guerreau Nord-ouest, l’autre pour celui du Sud-ouest, et ilvoulut pour chacune d’elles une ligne de retraite fixée.Quoiqu’on sût bien que Napoléon, malgré la guerred’Espagne et son armée d’observation contre l’Angle-terre, était cependant en état de conduire une armée trèsforte contre la Russie, Phull n’ignorait pas non plus quecelle-ci pourrait lui être supérieure avec les approvi-sionnements qu’elle avait préparés d’avance et par l’a-vantage de faire la guerre dans son propre pays ; carson opinion en général était aussi que, dès l’abord