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Napoléon restreindrait autant que possible son armée,reconnaissant bien la difficulté qu’il aurait de la nour-rir *). Il pensait que du côté des Russes l’armée quidevait être placée sur le théâtre de la guerre du Nord-ouest, dont Wilna pourrait bien être le point de concen-tration, méritait toujours le plus d’attention, parcequ’ilétait plus vraisemblable que ce serait par Wilna queNapoléon chercherait à avancer vers Moscou avec sesprincipales forces. Pour la seconde armée, Phull regar-dait Dubno ou Lutzk comme point de* concentration, etmarquait sa ligne de retraite sur Shitomir et Kiew. Maissi la principale attaque de Napoléon devait se portercontre l’armée de Wilna, cette seconde armée du Sud-ouest devait, d’après son idée, se rapprocher de la pre-mière et s’avancer jusque dans les environs de Pruzany,où serait provisoirement placé un corps d’observation.
*) Cette fausse supposition de Phull provenait de ce qu’ilsupposait dans l’agresseur les mêmes mesures de précauüonque devait prendre celui qui était attaqué. Son opinion peutavoir été fondée en fait, mais elle ne faisait pas assez entreren compte le caractère de Napoléon que Phull aurait dû mieuxconnaître par ses antécédents ; il en résulta pour la cause desRusses que non seulement ils n’eurent pas le désavantage queredoutait Phull, comme la suite l'apprit; mais qu’au contraire,ils eurent l’avantage que l’armée française , amenée en Russiepar Napoléon et composée de toutes ses troupes disponibles,ne put pas recevoir de renforts importants.
Remarque de l’éditeur.