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sions ne se montrait par caractère rien moins que trai-table, qu’au contraire, il abandonnait plutôt tout commeperdu ; non qu’il chancelât dans son opinion, mais pardépit de ce qu’on ne la comprenait pas, ou de ce qu’onne la suivait pas à dessein. Le 14 Juillet, par suite d’unconseil de guerre convoqué par ordre de l’empereur,on abandonna le camp retranché de Drissa, proposé ilest vrai par Phull, mais très imparfaitement exécuté pard’autres, ce qui devait naturellement augmenter encorela mauvaise opinion dont on était prévenu contre lui 1 ).
Le 19 Juillet, l’empereur quitta l’armée à Polozk,alla à Moscou et de là à Pétersbourg le 2 Août, en pas-sant par Welikie-Luki et Smolensk, après avoir donnéplein-pouvoir au général Barclay d’agir comme il lejugerait le plus convenable. Phull resta au quartier im-périal qui fut cependant toujours renvoyé loin derrièrel’armée 2 ).
Des scènes tumultueuses ayant éclaté alors dansl’armée à l’instigation de généraux envieux, qui répan-daient et nourrissaient le bruit que Phull avait par tra-
1 ) Ce peu de lignes ne prouvent-elles pas suffisamment quePhull avait bien sujet d’être fâché de ce qu’on n’avait pas com-pris ses arrangements ou de ce qu’on ne les avait pas suivis àdessein ? Ne devait-il pas craindre, avec de telles expériences,que son plan qui, pour réussir exigeait l’exécution la pluscomplète, n’échouât tout à fait ?
Remarque de l’éditeur.
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2 ) De Wolzogen, M. , p. 10 6.