XXVI
dans le cas en question, contribuait, par la manière vio-lente avec laquelle il jetait dans les débats ses plansd’accommodement, à rendre toute entente impossibleentre les opinions qui se combattaient. Déjà après uneou deux délibérations, il rentra tout hors de lui ; ils’était tellement irrité, qu’il fut atteint d’une violente fiè-vre bilieuse dont il ne se guérit qu’après avoir gardé lelit cinq ou six semaines, et il en conserva toujours unetelle irritabilité qu’il pria l’empereur de lui permettre dequitter ses états, parcequ’il lui était impossible de parlerd’affaires avec des hommes de cette espèce, et que lui-même ne pouvait d’ailleurs plus supporter sa positionofficielle. De pareils accès d’hypocondrie n’avaient riende nouveau pour l’empereur qui appréciait trop le mé-rite de Phull et la loyauté de ses sentiments pour prendreen mauvaise part ses brusques déclarations. Il cherchaau contraire à le tranquilliser, et lui permit d’aller, pourle rétablissement de sa santé, en congé à Berlin, ajou-tant qu’il pourrait y rester autant qu’il le jugerait con-venable. En même temps cependant il lui fit remarquerqu’en aucun cas il ne devait quitter son service, mais aucontraire toujours rester en correspondance avec lui, etquoique éloigné, l’aider de ses conseils. Après cetteentrevue Phull partit de Pétersbourg, un peu pluscalmé.
Quelque contradictoires que paraissent au premiercoup d’œil ces différents jugements sur l’esprit de Phull