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et sur les effets qui en résultaient, ils ne le sont réel-lement plus autant après un mûr examen. Nous nevoulons pas dire par là qu’il n’y ait pas eu dans lecaractère de Phull un penchant naturel à la rudesse,à l’ergoterie et à la violence *), mais cela n’allait cepen-dant pas à un degré tel que ses qualités très supérieu-res en fussent obscurcies. Phull était fortement attaquéd’hypocondrie, il avait de fréquents accès de cette ma-ladie, et pour peu que l’on connaisse cette fâcheuse in-firmité, on sait quelle est son influence et quels sont sesrésultats sur les esprits les plus forts. Étant seul, étran-ger, confident et conseiller de l’empereur, Phull se trou-vait plus que tout autre, avant ou après lui, dans lapénible situation, d’être obligé de supporter toute lahaine des grands et des généraux russes, et d’y êtreexposé de la manière la plus sensible à chaque occa-sion qui se présentait, et quoiqu’il eût pour soutien sonempereur en personne, cela ne suffisait cependant pastoujours pour le garantir des tracasseries et des dés-
1 ) Clausewitz peint aussi Wolzogen qui, tout en reconnais-sant les bonnes qualités de Phull, fait le plus ressortir sesdéfauts, comme un homme sec, peu communicatif et sérieux,à qui il attribue en partie la haine que lui portaient les Russesincarnés. L’éditeur qui les a connus personnellement tous lesdeux, peut affirmer consciencieusement que ce portrait con-venait également à M. de Phull et à M. de Wolzogen, la seuledifférence c’est que Wolzogen commençait alors sa haute car-rière, et que Phull avait fini la sienne.