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seurs ne lui permettaient pas d’aller à l’ennemi, tandisque le prince d’Orange, ayant à sa disposition les for-teresses Bois-le-Duc, Bréda, Bergenopzoom, Anvers,Bruxelles, pouvait entreprendre sur la communicationde l’armée française depuis Charleroi jusqu’à Graves, etpousser même jusqu’à Bonn, pour en faire le siège.Cette expédition prouve assez que, sans une armée te-nant la campagne, des forteresses ne sont pas en étatd’arrêtèr un général entreprenant. La petite armée deCondé n’était à considérer que comme une grande gar-nison n’osant pas sortir de l’enceinte, dans laquelle elleest confinée. Le prince d’Orange ayant quitté Herren-thal le 1 6 Octobre, passa la Meuse le 22 près de Venlooet joignit Montécuccoli le 3 Novembre entre Andemachet Bonn. Cette jonction se fit avec précision, parcequele général autrichien, dans ses mesures d’exécution, nedépendait que de lui-même. Le prince d’Orange nemanqua pas de célérité dans son entreprise.
Il y avait d’Herrenthal jusqu’au point de réunionsur le Rhin à peu près 28 milles d’Allemagne; l’arméehollandaise et espagnole, accompagnée d’un petit trainde siège, fît ce trajet en 1 4 jours. Les arrangement dessubsistances durent être bien pris. L’armée s’arrêta prèsBonn neuf à dix jours, et il en fallait 1 4 pour le retour.L’approvisionnement de l’armée devait par conséquentembrasser un espace de 38 jours exigeant un millionde portions. En partant de Herrenthal avec des vivrespour neuf jours, 730,000 portions devaient être con-venablement distribuées sur la ligne d’opération, plusdifficile sans doute que n’a été celle de Verdun à Malvien 1792.