XIV
les grands magasins, soit avec les productions du pays,soit avec les importations d’Egypte, d’Afrique et de Sar-daigne. Le passage de l’armée sur le continent est plussûr, plus simultané et à l’abri des accidens d'une longuenavigation. Il dépendra des circonstances de choisir lepoint convenable et la manière dont le débarquementdevrait s’opérer. Il est impossible à l’armée françaisede l’empêcher ; tout ce que l’ennemi peut faire, c’est dechoisir le terrain pour arrêter les alliés et livrer bataille.Lorsque les moyens sont a peu près égaux, et que laprudence ne s’oppose pas à tenter la fortune, il fautrisquer dans la confiance qu’on réussira. Les générauxanglo-russes doivent redoubler d’attention et de vigi-lance dans un pays comme celui dont nous parlons. LesFrançais qui y sont établis depuis longtemps, en con-naissant tous les détours et les chicanes, il ne sera pasprudent de se fier aux positions et aux montagnes plusqu’il ne faut; il n’en existe aucune que l’ennemi n’ait ap-pris à tourner et à franchir même avec de l’artillerie.C’est dans la disposition des troupes, dans l’ordre debataille, dans la force et l’appui des colonnes qu’on auraraison de compter pour la sûreté des ailes et la libertédes mouvemens. Dès qu’on se trouvera en Sicile, ilsera convenable d’organiser le plus de troupes légèresqu’il sera possible, et d’attirer même de Sardaigne, deCorse, de Malthe et de la Calabre tous les Bravi et lespetits chefs connus dans ce genre de guerre. Si on avaitle bonheur d’obtenir le premier succès, le royaume deNaples en entier serait en feu, et l’armée française seraiten peine de se soutenir dans un territoire si éloigné detout point d’appui solide. Une force pareille en mouve-