XV
ment et déjà en action serait l’argument le plus irrésis-tible et le plus efficace, pour déterminer l’Autriche à sedéclarer. La guerre dans le nord de l’Allemagne, laprésence des alliés en Italie, garantissent contre la tropgrande supériorité de l’ennemi. Avec une armée enSouabe, elle peut assurer l’indépendance de la Suisse,et passer outre si les circonstances sont favorables, et60,000 hommes qui passeraient l’Adige ne laisseraientplus aucune espérance aux Français de se mainteniren Italie.
Un tel état des choses, soutenu par les victoires etla bonne intelligence, ne pourrait pas manquer d’opérerquelque changement favorable dans l’intérieur de laFrance. Tous les moyens pour éclairer et diriger l’opi-nion seraient plus faciles et plus efficaces. Ils seraientmis en avant par la puissance et par la raison, et souscette double égide ils attireraient le respect et la persua-sion. Les causes de résistance, les passions et tous lesressorts infinis, qui sont comprimés aujourd'hui parBuonaparte, auraient la liberté de se développer et d’agir,ayant un objet général à suivre et un soutien tout prêt,pour appuyer d’une manière décisive les efforts des bienintentionnés.
Il est à supposer que dans le cas de l’apparitiond'une plus grande force dans la Méditerranée, Buona-parte s’emparera de Naples, et que le roi sera obligéde se réfugier en Sicile. Cette démarche diminuerales moyens de défense des Français, au lieu de lesaugmenter ; car il faut au moins 12,000 hommes pourcontenir la populace de la ville, et quant au roi,son existence politique ne dépend pas de sa présence