XVI
précaire à Naples, mais de l’expulsion des Français del’Italie.
En attendant le rassemblement de la grande armée,la prudence exigerait d’avoir une petite ilotille stationnéeà Messine, pour empêcher un coup de main de la partde l’ennemi, et de jeter une bonne garnison et mêmeun petit corps de troupes avec un homme de cœur dansGaëta, place capable d’une grande résistance, et situéesur le grand chemin le plus commode pour les commu-nications avec le reste d’Italie. En cas de force majeureces troupes pourraient toujours se retirer par mer. C’est,du côté de l’Italie, tout ce que Buonaparte peut faire 1dans l’espace indispensable des préparatifs que l’on fe-rait pour l’attaquer ; à moins qu’il ne déclare la guerreà l’Autriche, ce qui la jeterait plutôt dans le système desalliés. Quant au Nord, il est à craindre qu’il ne marcheà C ' ague avant la jonction des deux armées etsurtout lorsque les glaces empêcheront encore les com-munications par mer ; c’est pour cela qu’il conviendraitd’arranger dans le secret des cabinets tout ce qui re-garde cette partie du plan, se réservant de lever le bou-clier à la belle saison. Quand au Midi, il n’est pas né-cessaire d’avoir les mêmes précautions : dès qu’on aassuré la Sicile, tout ce qu’il peut faire de plus est in-différent ou tournerait contre lui.
Il dépendra des personnes qui seront employées, àfaire réussir l’entreprise la plus honorable et la plus im-portante dont l’histoire puisse nous offrir l’exemple, defaire valoir les moyens et les circonstances qui serventà leur disposition. Le zèle, l’activité et surtout les con-naissances locales sont indispensables pour vaincre les