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tage ou par la conduite de ses voisins du nord ou parsa propre ineptie, les Français seront les tyrans éternelsnon seulement de tous les pays qu’ils ont subjuguésjusqu’à cette heure, mais ils pourront s’avancer mêmejusqu’à Belgrade sans grandes difficultés. Indépendem-ment de la facilité qu’ils ont d’entamer l’Autriche sur sesfrontières allemandes, la possession de l’Italie les met àmême de se porter d’un autre côté dans le cœur de laHongrie, et de bouleverser par leurs armes et leurs in-trigues les provinces les plus éloignées de la monarchie.Mais si la Prusse, sans être anéantie, perdait de sonimportance, la diminution de ses forces serait un moyende faire le malaise à l’ennemi commun, et l’Allemagnecesserait de nourrir dans son sein le monstre qui n’existeque pour la dévorer.
Je sais qu’il n’est pas difficile de récriminer l’Au-triche sur ce dernier article, et je suis bien éloigné devanter sa modération, mais en les comparant, (et c’estpar comparaison seulement que l’on doit juger de pa-reilles choses), il n’est pas douteux que la Prusse jouitd’avantage du mal qu’elle fait, et que son mauvais géniela domine au point, de ne pas lui permettre de suspen-dre, et encore moins de changer sa politique mal-faisante.
Ce sont ces considérations générales qui avaientprésidé au premier plan, comme le seul qui présentâtles moyens d’entrer en guerre dans les circonstancesdonnées ; mais si l’Autriche voulait enfin, pour son pro-pre salut, sortir de son abattement et se rendre auxpropositions de la Russie et de l’Angleterre, il est évi-dent, que cette triple alliance est préférable à tout équi-
de Phull, Opérations militaires. \ 6