6 FABRICATION ET DURÉE
jusqu’à ce jour, sont encore à cet égard bien au-dessous du
fer coulé.
Avec quelques précautions de plus dans la fabrication desprojectiles, comme d’y employer la fonte grise et de les faireensuite recuire, les bouches à feu souffriraient moins; ellespourraient môme être fabriquées d’un fer plus dur, depuis quePerkins nous a appris le moyen de forger le fer le plus dur, enle laissant dans l’opération refroidir de temps en temps et enopérant lentement.
Ainsi le métal des bouches à feu devrait réunir la plus grandecohésion possible à beaucoup d’élasticité et de dureté. Mais cestrois propriétés dans les corps, ne suivent pas le même rapport;ceux qui ont le plus de cohésion ne sont pas les plus élastiques.L’or en a beaucoup, le fer en barre également, quoique dansune autre proportion, l’un et l’autre ont moins d’élasticité quel’ivoire qui a bien moins de cohésion que ce dernier. Ceux quisont les plus tenaces ne sont pas les plus durs; car le fer couléest plus dur que le fer en barre, et il a moins de ténacité quecelui-ci. Il en est de même du zinc à l’égard du cuivre.
Enfin les plus durs ne sont pas les plus élastiques , puisquel’acier trempé l’est moins que celui qui a été recuit.
Nous devons donc renoncer à trouver ces trois qualités réuniesau plus haut degré dans le même corps , et nous sommes réduitsà chercher seulement jusqu’à quel point nous pouvons en sa-crifier une ou deux pour obtenir la troisième entière.
Plus la ténacité est grande, moins un affaiblissement successifpeut lui nuire, et par conséquent moins l'élasticité est néces-saire. Si au contraire l’élasticité est considérable , la ténacitépeut être plus faible. On peut considérer dans un corps l’effet deces deux qualités réunies comme le produit de deux facteurs,dont l’un peut être diminué sans altérer le produit, pourvu que