DES BOUCHES A FEU.
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mais il en fit naître un autre par son empressementà employer de la foute grise ; parce que sa machine à forer nemordait pas sur le fer dur , parce que les bouches à feu devaientêtre tournées; enfin parce qu’il croyait que le fer mou avaitbeaucoup de ténacité, opinion qui régne encore aujourd’huidans quelques pays, malgré l’expérience qui prouve le contrairede la manière la plus concluante.
Par le procédé de Marilz, la fonte des bouches à feu fut plusexacte que lorsqu’on les coulait à noyau. Car par ce derniermoyen le fer très inou produisait une grande quantité de gerçu-res; Maritz fit tous ses efforts pour obtenir cette qualité de fer,mais quelques forges, par exemple celles de Noué en Bretagne ,ne purent en fournir d'aussi mou qu’il le désirait.
Le marquis de Montalembert, qui possédait des forges considé-rables près d’Angoulême, reconnut parfaitement cette difficulté.Il avait déjà fait couler, en 1782, des canons massifs en fer;mais d’un fer dur, et les avait fait forer avec une machine qui luiétait particulière. 11 lut le 11 janvier 1764 (•)’ à l’Académie, unmémoire dans lequel il faisait connaître que le fer mou n’était pastenace, que l’on se trompait eu attribuant à cette espèce de ferles qualités des autres métaux mous, et que cette espèce de ferdevait plutôt être désignée sous le nom de tendre.
Il dit que le fer mou est spongieux et que c’est par ce motifque des têtes de foret sans dureté ne soutiennent pas l’action duforage, tandis qu’elles le soutiennent après avoir été refonduesde telle sorte que quelques-unes avaient résisté au forage de 4oobouches à feu sans se détériorer.
Ce fer devenu plus dur n’en conserve pas moins la propriétéde pouvoir être limé; seulement les enclumes qui en sont fabri-
(1) Page 356 et suivantes des mémoires de l’Académie llojale.