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fonte des bouches à feu. D’une part, la guerre dont elle futl’occasion , a obligé toutes les puissances à employer leur ma-tériel depuis longtemps inactif. D’autre part, les efforts de laFrance ont fait faire des progrès remarquables à l’art.
Les pièces en fer avaient été jusqu’à cette époque employéesseulement dans la marine et dans quelques places fortes ; maisla nécessité obligea d’en faire aussi usage dans d’autres circons-tances. Elles furent, chez plusieurs puissances, introduites dansles équipages de siège et même dans ceux de campagne ; fa-briquées avec des minerais de différentes qualités et avec plusou moins de connaissances théoriques et pratiques, dans lesdifférens pays, les résultats durent être très différens. Il en dutrésulter des opinions frès divergentes qui ne sont même pasencore rapprochées aujourd’hui. Il ne sera pas sans intérêtpour le but de cet ouvrage de suivre le cours de ces opinions.
Les grands événemens de iarévolution française avaient telle-ment absorbé l’attention, depuis 1790, que l’on ne pouvaitguère songer à faire des essais spéciaux sur le matériel des ar-mées. Les expériences nombreuses qui eurent lieu par l’usagedes bouches à feu passèrent inaperçues. Il y en eut plusieursqui éclatèrent, mais les victimes qu’elles firent furent confon-dues avec le grand nombre de celles que la guerre avait englou-ties. Il se présenta des cas, comme dans Kolberg, où l’explo-sion de beaucoup de pièces fit craindre la chûle de la forteresse.Le courage héroïque des défenseurs trouva moyen de rem-placer celles qui avaient manqué , et des faits si intéressansrestèrent longtemps confondus dans la masse des événe-mens.
Malgré beaucoup d’expériences, à la vérité mal faites, onn’était fixé sur aucun procédé. On avait besoin d’un grandnombre de bouches à feu cl à bon marché. Par cette raison