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Des bouches a feu.on n hésitait pas à en faire couler partout oh il se trouvait dufer. Après une épreuve plus ou moins satisfaisante, on les expé-diait au hazard oh les besoins les demandaient. La paix arrivaet avec elle un repos momentané. Ou fit alors de sérieusesréflexions et l’on entreprit de nouvelles recherches sur lesavantages d’un matériel si précieux et si chèrement payé. Lethéoricien fit place à l’artilleur expérimenté et réfléchi.
En 1819, parut l’ouvrage du colonel anglais John May, quivanta la supériorité des pièces en fer employées dans les siègesqui avaient eu lieu en Espagne.
A-peu-près vers cette époque, le besoin de remplacer le ma-tériel consommé pendant la guerre se fit sentir dans tous lesétats de l’Europe. Quelques-uns eurent à remplacer complète-ment plusieurs parties du matériel. L’on commença à ceteffet beaucoup de recherches , en profitant des nouvelles con-naissances pour organiser le matériel de la manière la plusconvenable. Les avantages attachés aux 'pièces en fer, tant àcause de leur bas prix que pour d’autres motifs, et l’exempledes Suédois qui s’en servaient pour leur artillerie de campagne,devaient militer en leur faveur.
Cependant cette opinion trouva bientôt des contradicteurs.Les accidens arrivés pendant le cours de la guerre; les expé-riences qui constataient la durée insuffisante de ces bouches àfeu, furent souvent opposées aux services qu’elles avaient renduseu Espagne. Des essais nouveaux donnèrent des résultats dou-teux, en ce qu’elles réussirent tantôt bien, tantôt mal, sansqu’on put en apprécier les causes. Des préjugés auciens reparu-rent et il s’en forma de nouveaux. On ne doit donc pas s’éton-ner si l’opinion qu’on s’est faite sur leur compte dans diverspays est si différente. D’ailleurs, une série complète d expé-riences sur cette matière exige beaucoup de temps et de grandes