FABRICATION ET DURÉE
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Un canon de 24, coulé d’après les mêmes proportions à lamême fonderie, et qui pesait 55 quintaux, éclata au douzièmecoup. Au premier coup, la charge était de 11 livres, et au der-nier 22 livres, ayant toujours et successivement augmenté lacharge d’une livre.
Tels sont les résultats les plus favorables qui nous soientconnus sur les épreuves des bouches à feu de fer coulé enSuède ; mais à côté de ces résultats, il en est d’autres beaucoupmoins brillans, et qui sont même très-peu satisfaisans. Nousallons faire connaître ceux que nous avons pu recueillir.
Il arrive très-souvent que les pièces éclatent dans les épreuvesqui ont-lieu dans les fonderies mêmes.
Dans une seule fonderie, un tiers de celles qui furent couléespour le compte du Danemarck, éclata dans les premièresépreuves.
Dans une autre fonderie, huit canons de 18 norvégiens écla-tèrent les uns après les autres. Il n’est point rare de voir lestourillons se rompre dans les épreuves.
Beaucoup de pièces de 24, coulées sur le modèle du généralHellwig, ont éclaté dans les épreuves.
Il arrive encore qu’après les coups d’épreuve, des canonséclatent souvent, et même en ne les tirant qu’à poudre : c’estce qui est arrivé, par exemple, à Cliristiana, dans une salvede réjouissance (1).
Plusieurs fois d’anciens canons ont éclaté sur la flotte, parti-culièrement dans la guerre de 1809. Plusieurs autres, fabriquésà Karlskrona d’après le modèle de l’amiral Chapman, trèschargés de métal, avaient résisté aux épreuves, entr’autres un
(1) Sckarnhorst rapporte un fait semblable et digne de remarque. Un canon destiné à tirerle coup de retraite dans le camp près de Dultmen en 1758 , éclata dans ce service quoiqu'ileut résisté aux épreuves ordinaires faites avec une forte charge. Un événement semblablesera encore cité ci-après. (iYote de l’auteur