BES BOUCHES A FEU. 35
canon de 36 et un de 5 o. Ils éclatèrent en 1798 et 1799, tuèrentet blessèrent beaucoup de monde.
Les Français, très-prévenus en faveur des bouches à feu sué-doises qu’ils avaient conquises dans le nord de l’Allemagne,voulurent faire des essais comparatifs entre des canons suédoisen fer et des canons français du même métal. En conséquence,ils éprouvèrent à La Fère un canon de 6 de la construction dugénéral Hellwig, chargé à la moitié du poids du boulet : un tou-rillon fut rompu au deux cent quarante-deuxième coup, et lapièce se brisa en trois morceaux au sept cent quarante-septième
A un canon de 24, la lumière commença à s’évaser au dix-septième coup, et il éclata en six morceaux au deux cent neu-vième. Il ne nous a pas été possible de découvrir en Suède lesprocès-verbaux de réception deces pièces, ni les fonderies oùelles ont été fondues, et par conséquent de reconnaître lescauses qui ont occasioné cette faible résistance ; mais il est pos-sible que la marche du fourneau ait été telle qu’il sera expliquéplus tard ; que la fonte ait par conséquent été grise, et que l’é-chantillon d’essai ait offert lui-même peu de résistance.
Pendant le siège de Colberg, et dans les épreuves exécutéesplus tard, plusieurs bouches à feu éclatèrent à la charge ordi-naire : elles appartenaient vraisemblablement à la fourniturefaite parla fonderie suédoise à la Prusse, sous le règne de Fré-déric II. Comme celles qui se trouvent àNeisse et dans d’autresplaces se sont conservées en bon état jusqu’à présent, on estporté à croire que cet événement ne provient pas de leur mau-vaise qualité.
Le plus grand avantage que l’on ait tiré des épreuves faites enSuède, consiste en ce qu’on peut reconnaître, avec un peud’attention, la faible ténacité du métal d’une bouche à feu; àce point qu’un canon de 24> sur quarante-six provenant de la