48 FABRICATION ET DURÉE
éclata à Toulon. Peu de jours après, il en éclata un autre sur la
frégate la Provence , dans un combat devant Alger.
On attribua ces accidens à la qualité de la fonte grise, qu’onavait employée à la fabrication de ces bouches à feu. Mais ilparaît qu’on n’en fut point découragé.
Il y a peu d’années, quelques personnes pensaient encore enFrance, que les pièces en fer n’éclataient que sur les côtes etdans les places; mais jamais sur la flotte ( 1 ). Elles attribuaientcette différence à ce que , dans la marine , on enduit de graissel’âme des canons. Aujourd’hui, l'on a reconnu le peu de fonde-ment de cette opinion. Ce fait s’explique facilement, puisque ,dans la marine, on tire plus rarement (a). On emploie unecharge plus faible, et les bouches à feu ne sont pas aussi expo-sées aux intempéries des saisons que dans les places ou sur lacôte.
Les fonderies de canons en fer sont, en France, dans les at-tributions du ministère de la marine et sous la surveillance d’of-ficiers instruits. Toutefois, l’opération des fontes est exécutéepar des entrepreneurs.
Quant au procédé suivi, il est peu connu. On emploie encorepour la réception des canons l’épreuve à toute outrance. Ainsil’on coule un canon de 8 sur les dimensions suivies en dernierlieu à la fonderie de Liège. On le fait tirer en augmentant suc-cessivement la charge jusqu’à ce qu’il éclate. S’il soutient uncertain nombre de coups, ou considère le fer comme propre àla fabrication des autres bouches à feu. A cette épreuve, on en
(1) Les pièces pour l’armement des côtes sont les plus vieilles et le»; moins bonnes de lamarine , qui garde toutes les neuves pour l’armement de ses batteries,
( Traducteur ).
(2) C’est le contraire qui a lieu , car la marine a souvent occasion de tirer et rarementles places fortes, et jamais les batteries de côte , si ce n’est en temps de guerre.
( Traducteur, )