DES BOUCHES A FEU. 65
Le prix élevé du bronze n’a pas permis de faire autantd’essais sur cette matière que sur le fer. Cependant nous enavons assez pour être convaincus que la cohésion et l’élasticitén’y manquait point, et que par conséquent l’on n’a pas à crain-dre de voir les pièces éclater, mais on sent aisément qu’ellespeuvent devenir hors de service, et cela d’autant plus fréquem-ment , que nous ne savons pas encore donner au bronze la du-reté nécessaire, ce qui se fait plus particulièrement sentir dansles pièces de gros calibre.
De même que la Suède est considérée comme notre modèleet notre guide pour ce qui concerne la fabrication des bouchesà feu en fer, la France l’a été de tout temps pour ce qui regardela foute des bouches à feu en bronze, au sujet desquelles elle afait la plupart des essais, et bien qu’elle n’ait pas réussi com-plettement, particulièrement dans les derniers temps, nous lu;devons néanmoins le peu de lumières que nous possédons surcette matière. Pour en obtenir de complettes, il serait néces-saire, dans l’état actuel de la chimie , de faire quelques essaisnon coûteux, mais peut-être pénibles. Jusque-là toutes les expé-riences ruineuses que l’on fera par le tir ne pourront nous aiderà rien.
Les premières mentions qui aient été faites des bouches à feudatent de 1220. Les Maures avaient à cette époque des machinesen métal coulé, pour lancer des pierres. A la vérité elles nesont point décrites ; mais comme la poudre à canon était déjàconnue à cette époque, et que les bouches à feu étaient assez enusage, il est très-vraisemblable que c’était de ces dernières, etcomme on ne connaissait point encore l’art de couler le fer, ondoit supposer qu’elles étaient composées d’un alliage de cuivre.On a dû en fabriquer en bronze à Amberg dès l’an i5o8. Caboîlianco donne la note des pièces de cetle espèce, coulées en