DES BOUCHES A FEU.
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faisait tirer trois coups à chaque pièce; le premier avec unecharge égale au poids du boulet ; le deuxième avec une chargede trois quarts, et le troisième avec celle de deux tiers. On met-tait sur cette charge un boulet et un bouchon. Si nous avonsbien compris les anciens artilleurs, le troisième coup se tiraitsous l’angle de 12 degrés.
Ordinairement beaucoup de pièces éclataient (1), et on doitsupposer que cela était dû souvent à la malveillance des agenschargés de les recevoir; car les anciens écrivains recomman-dent aux fondeurs de les surveiller attentivement, et de se pré-munir contre leur mauvais vouloir, par une foule de précau-tions minutieuses et même de pratiques superstitieuses.
Miethen , dans son Traité d’artillerie ( 1684) , dit que dans laguerre de trente ans, on a coulé des canons avec du métal decloche, et qu’ils ont tous éclaté (2) ; que de gros mortiers cou-lés également avec ce même métal, par ordre du général sué-dois Vürz, ont éclaté à Varsovie; enfin que d’autres bouches àfeu se trouvèrent souvent dégradées après cinquante coups d’é-preuves ; mais qu’il se pourrait que cela tint à la nature de cesépreuves qui étaient trop fortes ; car les meilleures pièces ontété détériorées par des épreuves pareilles, comme cela est arrivéà Breslau, sur des bouches à feu coulées par le fameux Hérold.
Peu après la guerre de trente ans , les fondeurs Keller adop-taient en France l’alliage suivant; savoir :
/ 91, 5 cuivre,ou bien ] 7, 8 étain,
400 cuivre.
9 étain.C laiton.
( 9, 7 zinc (3).
(4) Keller en a présenté, du 2 mars4684 au 48 mai 168/| , 44Q dont 37 ont été rebutées.
(Traducteur.)
(2) T.a mèmecliose est arrivée en France, au commencement de la révolution.
(Traducteur.)
(Auteur.)
(3) Le laiton calculé à raison de 75 de cuivre et' 25 aine.