DES BOUCHES A. FEU.
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Dans le principe les fourneaux étaient entièrement sembla-bles à ceux d’aujourd’hui. Il ne s’est fait presque aucun chan-gement dans cette partie de l’art des fontes; mais nous n’avonspoint à examiner ici ce qui s’est fait à cet égard.
Pendant plus de quatre siècles ou s’en tinta l’alliage ternairede cuivre, étain et zinc. Iln’estpas encore prouvé que l’on aiteu raison de l’abandonner. Il est certain que les anciennes bouches à feu françaises jouissent, sous le rapport de la qualité,d’une haute renommée , tant dans ce pays qu’à l’étranger, cequ’on ne peut pas dire de celles que l’on a fabriquées depuis.Un ancien fondeur allemand très-célèbre, soutient que les bou-ches à feu coulées du temps de Louis XIV étaient les meilleures;il est d’accord sur ce point avec les artilleurs les plus expéri-mentés en celte matière. Il ajoute même que les gros calibresd’alors résistaient mieux que les petits, coulés postérieurementen France (i ).
En général, on peut considérer le dernier tiers du siècle pré-cédent comme l’époque où l’art de couler les bouches à l’eu enbronze fut porté à son plus haut degré de perfection , sous lerapport de la qualité. Il s’agit maintenant de savoir si, à celleépoque, la suppression du zinc dans le métal à canon avait déjàeu lieu, suppression prescrite à la suite d’essais qui eurent lieuen France après la guerre de sept ans, ou si elle a été une descauses de la perfection que nous venons de signaler.
Geisler, dans son traité ayant pour titre Knriosen Volkomm-mn Artillerie (1718), prétend que la préférem e accordée de sontemps aux bouches à feu françaises, provient de ce que les fon-
(1) Tarée qu aujourd’hui il ne reste que les bonnes bouches a feu de ce temps et que toutes1 as mauvaises ont été refondues à mesure de leur mise hors de service.
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