74 FABRICATION ET DURÉE
lentement. Suivant Saint-Remy on tirait tout au plus troiscoups à l'heure, et l’on rafraîchissait la pièce après chaquecoup. D’après Diego Uffano on doit tirer tout au plus huit coupspar heure, et laisser reposer la pièce une heure après quarantecoups.
Errard, de Bar-le-Duc , cite comme une forte épreuve celleque le grand-maître d’artillerie de France fit faire sous Char-les IX, en faisant tirer deux cents coups à une pièce en troisheures de temps , épreuve à laquelle elle résista.
Des bouches à feu appelées Bàckenbourg donnaient aussi detrès-bons résultats en campagne ; leur alliage était composé dela manière suivante :
100 cuivre, j { 91, 34 cuivre.
25 laiton. ou 3, 85 étain.
5 étain. J { 4> SI zinc.
Deux mortiers de soixante livres qui servaient dans la guerrede sept ans , et particulièrement au siège de Cassel, ainsi quedans les essais qui furent faits jusqu’en 1775 , de l’artillerie ducomte de Bückenbourg, sont encore en très-bon état.
Deux canons de 6 qui ont fait le même service, n’ont aucunestraces ni empreintes du boulet dans l’âme. Il en est de mêmede quatre canons de 3 et de sept mortiers à main , quoiqu’ilssoient restés plusieurs années sous l’eau.
C’est là toutes les expériences que l’on a pu réunir sur lesanciennes bouches à feu à alliage ternaire. Elles ne suffisentpoint, comme l’on voit, pour donner une solution satisfaisantesur le mérite de cet alliage. Il serait néanmoins intéressant derassembler de nouveau tous les essais qui ont été faits sur cesujet, afin de s’assurer si, en ajoutant une certaine quantitéde zinc, comme aussi en augmentant celle d’étain , on ne pour-rait pas , sans altérer la ténacité du métal, lui donner plus dedureté, particulièrement pour les gros calibres.