DES BOUCHES A FEU. yq
uniques, et le refroidissement devrait toujours niveler les résul-tats. Nous n’émettrons donc point d’opinion sur la question desavoir si, par la cassure de l’alliage , il est possible de recon-naître à quelle température il a été coulé, si nous en exceptonsceux qui l’ont été à des températures extrêmes, sur lesquellesle brillant et la netteté de la cassure peuvent donner quelqueprésomption.
Un plus grand vice vient de ce qu’on n’examine point les an-ciennes bouches à feu que l’on refond (1). Le fondeur se borneà juger de leur composition par leur couleur. Il calcule à-peu-près le déchet de l’étain , et il ajoute dans la fonte, par appro-ximation , ce qui lui paraît manquer.
Mais les fondeurs les plus exercés se trompent souvent; les al-iages où il entre du fer , du plomb, de l’arsénic ne sont pas ap-préciés à l’inspection de la cassure. Au reste, les travaux de M.Dussausoy font connaître l’influence de ces corps étrangers surla nature du bronze.
L’on ne doit pas s’étonner d’après cela si les bouches à feudonnent des résultats diflférens de ce que nous attendons de laproportion de leurs alliages. Il n’est pas rare qu’elles contien-nent de a à 4 P- «oo d’étain de moins que ce que prescrivent lesréglemens. C’est sans doute par ce motif que beaucoup de per-sonnes soutiennent que les pièces espagnoles doivent être meil-leures que les autres, attendu qu’on les fabrique toujours avecdes métaux neufs , bien que des fondeurs prétendent que l’al-liage de métaux neufs est moins parfait que celui de métauxvieux.
Les essais proposés parScharnhôrst prouvent que dans les al-
(1) En France, on prend à chaque pièce un échantillon qui est analysé avec la plusgrande précision et qui sert à régler le changement du fourneau pour avoir le litre voulu.
(Noie du Traducteur