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pendant nous croyons que quand on en aura le choix, il estpréférable d’employer, pour lafonte des bouches à feu pesantes,la terre pour étançonner les moules, tandis que pour les pièceslégères, l’étançon avec des bouchons est suffisant. On a essayé,avec beaucoup de succès, à Liège , de mouler en terre de très-gros mortiers immédiatement dans la fosse, d’après le procédéemployé pour les plus grands cylindres, et ce moyen a si bienréussi qu’il mérite d’étre recommandé.
Le coulage à syphon est définitivement abandonné ; toutefois,il faut plus de précaution avec le coulage par en haut. Mais si,par le moyen de rigoles, l’on a la matière liquide jusqu’au-dessus de l’axe des moules, si on la laisse tomber verticalement,et si le moule n’est pas trop mal confectionné, il n’est pas àcraindre qu’il se détériore parle choc du liquide. Le coulage àsyphon , au contraire, est toujours sujet à plusieurs accidens;la matière se refroidit promptement dans le long cours qu’ellea à parcourir, et pendant l’espace considérable de temps qu’illui faut pour monter; il reste alors des globules dans le métalplus compact, ce qui occasione des soufflures. Bien que jefusse autrefois très-partisan de cette méthode, ma propre expé-rience me l’a fait trouver très-vicieuse. La chûte précipitée etle mouvement rapide de la matière qui tombe d’en haut ne per-met pas qu’il y ait des soufflures; aussi les pièces coulées àsyphon, ont la plupart une plus faible pesanteur spécifique quecelles coulées par l’autre procédé. Dans quelques fonderiesfrançaises, l’on soutient que ce dernier mode rend le forageplus difficile, à cause de l’oxidationde grains isolés qui se trou-vent enfermés dans la masse de métal. Mais nous n’avons jamaiseu occasion de remarquer rien de semblable.
Une très-bonne méthode que nous avons vu employer à Liègedans la fonte des canons, consiste à chasser les crasses qui