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société de Lausanne , au xviii" siècle, furent peints dela même manière sous la direction du Genevois Hu-ber : le prince de Ligne, jouant dans la Belle Mague-lonne ; —la marquise de Champcenetz , si belle que leduc de Choiseul aurait voulu faire d’elle une rivale demadame Dubarry; — une autre belle Lausannoise ,madame de Corcelles, faisant do la musique avec Pu-gnani , le Paganini de ce temps-là, dont le profilexcentrique contraste avec la rondeur de son voi-sin..., etc.
» M. de Constant, le fils de l’ami de Voltaire , a faittransporter cette boiserie historique à son château deMézery dont elle orne la salle à manger. »
Voltaire menait une vie fort agréable. On venait àMontrion, on y passait quelquefois la nuit en fête, enfolâtreries, en bombances; et les baillis bernois, eux-mêmes, s’y rendaient pour dérider leur gravité ma-gistrale, leur flegme germanique.
Oh! le bon temps que c’était!... mais il passavite.
Quand Voltaire eut dit adieu pour toujours à Lau sanne et se fut claquemuré dans son Ferney — oh ilsembla vouloir faire pénitence des joies goûtées aupays de Vaud , et oh l’attendait la maladie — la sociétédont il était l’âme se trouva dissoute, le goût se per-dit et, de nos jours, comme le dit M. J. Olivier, « lebeau monde ne se pique guère de beau langage. » Enrevanche, il donne dans l’anglomanie et dans le mé-thodisme, deux choses fort maussades.
Par suite de quelles circonstances sa majesté Vol taire quitta-t-elle Lausanne — oh il n’y avait que desfamilles françaises, des mœurs françaises, du goût
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