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toit sur le préau, allaitant son beau petit poupon;s’estant approsché, mit vistement genouil en terre etpar trois fois crya mercy bien pitteusement. Qui fustébahie et en grand esmoy, ce fust certes la dame doBlonay . Icelle le fist relever prestement et asseoir àsoncosté; puis toute émerveillée, s’enquist que celavouloit dire. Lors Corsant lui remembra par le menula querelle et le combat des mariés et des non-mariés ;comme quoy avoist esté vaincqu par son benyn marymessire Symon, et comme quoy ayant accomply à sonendroict la loy du combat, il en requerroit dehue quit-tance, pour son honeur et décharge.
A quoy la noble dame lui fist d’une voix bien dou-cette : — Seygneur champion des non-mariés, loyal etfranc chevalier estes au demeurant, et certes nul n’ycontredira ; toutefois ne convient auculnement à damediscrette et saige, qui comme moi reste seulette en sonmanoir avecques ses chambryères et son chapelain, devous eberger, estant absent son benyn seygneur etmary. Retournez-vous à Vivey; prenez-y bon repos etlongue nuictée, et reviendrez céans, si ainsi vous plait,demain sur la mijour, querrir vostre quittance et con-gyé. Ainsi dict—elle, ainsi fist-il. Le lendemain nemanqua mye d’arriver sur la mijour, et trouva-t-il unbeau banquest toust dressé à la grande salle du chas-tel, voire plusieurs parents et voysins de la nobledame, qu’icelle avoit fait convoyer en grand hastedurant nuict; assavoir monseygneur Antoyne, fils demonseygneur Rodolphe, comte de Gruyères , lequelvenoit de son chastel d’Orons avecques pages et es-cuyers messire Humbert d’Aulbonne, son parrein Hu-gonnet du Chastelard, Nicod de Gumoëns, Amédée