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AUem 4 «' 01 ' L’Allemagne a suivi une marche analogue, mais dans des conditionsdifférentes, et, par suite, avec d’autres moyens.
Sol, propriétaires du sol, gouvernements, la guerre avait tout ap-pauvri. Pour remettre le sol en valeur, il fallait rendre à la terre lesbras et les capitaux que la guerre en avait écartés; pour rendre fé-cond l’emploi de ces bras et de ces capitaux, il fallait leur donnerune direction éclairée et intelligente.
Des institutions de crédit agricole auxquelles concoururent à la foiset le Gouvernement et les grands propriétaires mirent entre lesmains d’agriculteurs possédant de grandes surfaces presque incultes,mais sans capitaux et sans crédit suffisants, les ressources dont ilsavaient besoin pour améliorer leurs cultures et utiliser les bras quela paix avait désarmés.
Des institutions d’enseignement agricole, fondées par les gouver-nements ou par de grands propriétaires, vinrent répandre et propa-ger les connaissances indispensables aux progrès de l’agriculture etaux intérêts des agriculteurs. Sous cette double impulsion qui s’éten-dit de proche en proche dans les divers Etats de l’Allemagne, l’agri-culture se releva de ses ruines et parvint à un degré de prospéritéqui récompense aujourd’hui et les gouvernements et les propriétairesdes sacrifices qu’ils surent s’imposer et de leurs communs efforts.
Toutefois cette contrée, loin de se reposer dans la carrière deprogrès où elle est si heureusement entrée, semble redoubler dezèle pour en bâter tous les résultats. En 1847, elle possédait seule-ment i 3 écoles supérieures d’agriculture, 10 écoles intermédiairesou mixtes, et 14 écoles inférieures ou spéciales.
Dans le courant des deux années qui ont suivi, elle a créé 89 nou-velles écoles dont 4 pour le degré supérieur, 6 pour le degré inter-médiaire et 79 pour le degré inférieur.
La Prusse seule en a organisé pour sa part 26, dont 2 institutssupérieurs, 2 intermédiaires, 10 écoles spéciales et 12 écoles infé-