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bientôt après, une commande assez considérable d’instruments ara-toires, pour le compte de l’Etat, vint rendre l’activité aux ateliers dela fabrique et des ressources à la caisse de l’établissement.
Les années suivantes, M. de Dombasle obtint de nouvelles alloca-tions, qui finirent par se convertir en un fond fixe de 3,ooo francs,destiné à fournir dix bourses pour les élèves à qui la fortune deleur famille ne permettait pas de supporter les charges d’une pensionentière ; plus tard, sur la demande de M. deDombasle, les 3,ooo francsfurent affectés au payement direct des professeurs de l’institut dontl’enseignement devint ainsi gratuit.
Malgré l’insuffisance de ces secours, malgré les difficultés de posi-tion contre lesquelles M. de Dombasle avait sans cesse à se débattre,il parvint à soutenir et à maintenir l’institut jusqu’au moment où,arrivé au terme du bail onéreux dont les dures conditions lui avaientcréé tant d’entraves ( 1842 ), il se décida avec regret à abandonner ledomaine ingrat sur lequel il avait épuisé pendant vingt années et lesforces de son corp*s et celles de son âme.
Ainsi prit fin cette célèbre école de Roville, qui, malgré ses im-perfections et sa courte durée, conservera cependant l’éternel hon-neur d’avoir fourni le premier exemple, en France, d’une institutionexclusivement consacrée au perfectionnement de l’agriculture pra-tique et de l’enseignement agricole.
Mais, fondée sur un domaine rebelle aux efforts d’une bonne cul-ture et mal approprié aux besoins d’une grande exploitation, commeà ceux d’une grande école, gênée par un bail dont les conditions s’op-posaient aux améliorations et aux expériences les plus nécessaires,grévée de charges écrasantes, avec un capital trop exigu, l’école deRoville, abandonnée aux seules ressources qu’elle trouvait dans lesproduits de sa fabrique d’instruments ët dans les rétributions de sesélèves, et ne recevant de l’Etat que des secours insuffisants, devaitfinir par succomber, quel que fût le génie de son fondateur. Commetous les initiateurs, il usa, dans cette lutte, ses forces, sa santé, sa