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fortune, et c’est la France, à laquelle on peut reprocher peut-être dene lui être pas venue suffisamment en aide, qui recueille aujourd’huiles fruits de ses longs sacrifices.
Les instruments aratoires perfectionnés sortis des fabriques del’institut (plus de 6,000 charrues et autres gros instruments), répan-dus peu à peu sur le territoire de la France, y ont donné le signaldes réformes et du progrès dans les procédés d’exploitation. LesAnnales de Roville, monument impérissable de la science comme dubon sens et de la bonne foi de leur auteur, y ont propagé les principesencore trop peu connus de l’agriculture pratique. Imprimant ainsiune nouvelle direction aux esprits, ils ont ramené l’attention publiquevers les questions et les intérêts agricoles, et provoqué l’application àl’agriculture des connaissances physiques et naturelles dont le con-cours peut seul lui donner la fixité et la certitude d’une science posi-tive. D’un autre côté, les nombreux élèves qui étaient venus se formeraux leçons et aux exemples de son habile directeur, se rendaient, ense dispersant, les apôtres de ses principes et de ses doctrines, et enprovoquaient l’application. #
Une connaissance plus exacte des lois des assolements et des amen-dements, des soins plus intelligents donnés à la nourriture et à l’élèvedu bétail ainsi qu’à l’amélioration des races, les règles et le modèled’une comptabilité rigoureuse appliquée aux opérations de l’agricul-ture, tels sont les titres de M. de Dombasle à la reconnaissance desagriculteurs. Si l’on voulait évaluer en chiffre les avantages qu’ils ontproduits déjà pour le pays, c’est par millions qu’il faudrait compter.Qu’en présence de ces résultats on mette en regard les quelques millefrancs accordés par le trésor public, on trouvera que jamais la Francene plaça à plus haut intérêt son argent, et que jamais économie nefut plus dommageable et plus regrettable que celle qui lui fit bornerces secours à prolonger l’existence de l’institut jusqu’à l’expiration dubail de M. de Dombasle, au lieu d’en consolider et d’en étendre lesbases par un concours proportionné au service qu’on devait enrecueillir. 4