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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Grignon,

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Limpulsion donnée par M. de Dombasie et la réputation de sonécole ne tardèrent pas à lui susciter des imitateurs et à provoquer lacréation détablissements analogues à celui de Roville. Le premier,en date comme en importance, fut linstitution royale agronomiquede Grignon. Elle remonte à lannée 1827; mais déjà lon peut re-connaître à la manière dont elle se constitue, que lœuvre et lesexemples de M. de Dombasie ont porté leurs fruits, et que lon com-mence à mieux comprendre lintérêt et le concours que réclamelagriculture.

Tout ce qui avait manqué à M. de Dombasie, sol, capital, patro-nage, se trouve réuni en faveur de Grignon. A la place dun infertiledomaine de 1 5o hectares, au fond dune province reculée, afferméà des conditions onéreuses, une terre royale de près de 5oo hec-tares, presque aux portes de Paris, est abandonnée généreusementpar le monarque au tiers du prix de son fermage réel, et ce tiersencore nest payable quen travaux damélioration dont la société fon-datrice et propriétaire de linstitut recueillera elle-même les avan-tages pendant les 4o années de sa jouissance. En regard de cettepauvre somme de 45,000 francs obtenue à grandpeine pour consti-tuer le fonds de roulement de Roville, celui de Grignon est porté parlacte de société à 600,000 fr. dont 3oo,ooo fr. réalisables en deuxans et un mois.

Après dix années dexistence, linstitut de Roville, malgré lorga-nisation dune école publique dagriculture déjà renommée, malgréla création dune fabrique dinstruments aratoires perfectionnés dontles produits allaient hâter le progrès agricole jusquaux extrémitésde la France, malgré la publication dun recueil périodique qui riva-lisait de science et dutilité avec les publications les plus estimées delAllemagne, linstitut de Roville était abandonné à ses propres res-sources et ne recevait de lEtat ni secours, ni dotation. Grignon, plusheureux, navait pas encore atteint le même terme dans sa carrière,que déjà il se trouvait doté dune subvention annuelle qui pour-voyait à toutes les dépenses et à tous les besoins de son école,