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et lui procurait, aux frais du trésor, un nombre d’élèves assuré.
Grâce à ces ressources, Grignon put organiser un système d’en-seignement beaucoup plus complet et prit un développement quis’est accru d’année en année. Cependant il est à remarquer que cedéveloppement n’eut lieu, malgré les conditions favorables dont nousvenons de parler, qu’à partir du moment où l’Etat subvint de sesdeniers aux frais de l’enseignement et assura aux cours des profes-seurs, par la fondation de nombreuses bourses, un nombre suffisantd’élèves. Jusque-là, en effet, l’association de Grignon n’avait puréaliser le double but pour lequel elle s’était fondée.
Ce but comprenait d’après les termes mêmes de ses statuts :
i° La culture du domaine suivant les meilleures méthodes indi-quées par la pratique des agronomes les plus avancés et notammentde l’Allemagne;
2 ° L’institution d’écoles dont l’une destinée à enseigner les sciencesd’application, telles que les mathématiques, la physique, la chimie,la botanique, la médecine vétérinaire, etc. ; l’autre à former desmaîtres valets ou contre-maîtres de ferme par la connaissance etl’usage des bonnes pratique agricoles.
Cette dernière école ne fut jamais organisée. Quant à la première,elle ne reçut un commencement d’organisation qu’en 1 832 seulement;mais elle rencontra dès l’origine un double obstacle qui arrêtait sondéveloppement et qui tenait à une seule et même cause.
Le cadre des cours n’était ni assez complet ni assez large pourcréer un enseignement agricole tel que le réclamaient les besoins del’agriculture et les progrès des sciences dont l’application lui estdevenue indispensable.
D’autre part, le prix trop élevé de la pension des élèves interneset de la rétribution exigée des externes ne rendait l’école accessiblequ’à un très-petit nombre de sujets.
L’association comprenait les fâcheuses conséquences de ces deuxfaits; mais elle ne croyait pas pouvoir, dans sa situation, s’imposerde nouveaux sacrifices pour accroître le tiombre des cours et dimi-