Graadjouan.
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l’établissement se trouva organisé, et l’école put être installée. Ellefonctionna pendant quelque temps et reçut un assez grand nombred’élèves.
Mais les ressources que devait produire la souscription ne s’élevè-rent pas au chiffre qu’on s’en était promis, et finirent par manquertout à fait. Des mécomptes, des embarras inévitables au début d’unétablissement dont l’expérience n’avait pas encore révélé les diffi-cultés d’administration et les conditions de succès, compliquèrent lasituation critique amenée par l’insuffisance des capitaux. Cependant ledirecteur, ayant foi dans son œuvre, persévéra encore quelque tempsavec ses propres ressources. Elles ne purent suffire, et l’établissement,dont la pensée avait été grande et généreuse et qui aurait pu rendretant de services, se ferma non sans avoir imprimé une impulsion utileau pays, bien que dans sa courte durée il n’eût pas eu le temps de don-ner à son enseignement et à ses cultures le développement que seproposaient ses fondateurs.
L’empressement que mit le public à répondre à l’appel qui luifut adressé, la promptitude avec laquelle les moyens d’organiser cetinstitut furent réalisés, témoignent hautement du sentiment qui com-mençait à s’emparer de l’opinion publique en faveur des intérêtsagricoles, et qui pénétrait tous les esprits de la nécessité de venirenfin en aide à l’agriculture par des institutions propres à favoriserses progrès et sa prospérité.
Sa fin, après quelques années seulement d’existence, et malgré lessecours qu’il reçut, témoigne d’un autre côté qu’on ne se rendait pasencore bien compte à cette époque des difficultés d’un établissementde ce genre, et fournit une preuve de plus, dans les conditions actuellesde noire pays, de la nécessité de l’intervention directe et exclusive del’État pour la fondation d’un enseignement agricole durable et efficace.
A l’époque où l’institut de Coëtbo appelait à grand bruit l’atten-tion publique et promettait, non pas seulement à la Bretagne, mais àla France entière, une institution qui devait régénérer son agricufi