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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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centre des contrées les plus fécondes et les plus riches de la France,un plateau de 67 lieues carrées, suffisant à grand’peine à nourrirune population rare, misérable, chétive, dont la vie moyenne n’at-teint pas 2 5 ans. Le sol de ce plateau est pourtant d’excellentequalité; sa situation naturelle, favorable, son climat, salubre; maisil est périodiquement inondé par 1,600 ou 1,800 étangs, quile transforment en quelque sorte, artificiellement, en une régionpestilentielle.

M. Nivière résolut de rendre cette contrée à sa fécondité et àsa salubrité naturelle, en substituant à l’industrie des étangs l’in-dustrie agricole. Après s’être assuré de la richesse du sol, dont lacomposition argilo-siliceuse acquiert par l’addition de la chaux undegré de fertilité extraordinaire; après s’être assuré encore de lafacilité qu’offrait l’inclinaison du plateau au videment des étangs, età leur transformation en prairies et en bonnes terres, il acheta, àl’extrémité méridionale de ce plateau, un domaine de 34o hectares.En moins de deux ans il en avait vidé et mis en culture tous lesétangs, et, pour en assainir également le pourtour, il affermait troisautres domaines d’une étendue de 3oo hectares, auxquels il fitsubir la meme transformation. Les heureux effets de ces opé-rations apparurent immédiatement. Avant le videment complet desétangs, de i84o à i843, sur îoo journées de présence des domes-tiques, du 15 juin au i5 octobre, il fallait en déduire au moins20 de maladies, c’est-à-dire de fièvre. A partir de cette époque, lamoyenne des journées de fièvre tomba successivement à 6 p. o/b,puis à 5, puis à 3 et enfin à 1/2 p. 0/0.

Tout en conquérant ainsi la salubrité de sa position, M. Nivièresongea à se former des auxiliaires pour l’œuvre qu’il se proposait.Il les chercha dans des élèves qui se formeraient, sous ses yeux etpar ses leçons, à la science et à la pratique de l’agriculture, maisen tenant particulièrement compte cependant des conditions spé-ciales de la contrée qu’ils auraient à cultiver. Il réunit dans ce but