— 41 —
ment incomplet. Il lui manque ce qui en est lame et la vie, ce qui doitlui donner l’impulsion et la direction, ce qui en constitue la force etla perpétuité.
Où les écoles régionales trouveront-elles des directeurs capables,des professeurs instruits, s’il n’y a pas un haut enseignement pour lesformer?
Comment les propriétaires et les fermiers introduiront-ils dansleurs cultures les perfectionnements utiles, les innovations fruc-tueuses, s’il n’y a pas un institut qui ait pour but de travailler àperfectionner, à améliorer, et de vérifier en même temps les amélio-rations et les découvertes, afin d’en apprécier exactement, par l’ex-périence, la valeur, avant d’en proposer l’application?
Quel autre moyen plus puissant employer pour appeler vers l’a-griculture les capitaux et les intelligences qui seuls peuvent la vivifier,si ce n’est d’attirer les jeunes propriétaires, au sortir de leur instruc-tion classique, vers les études et les occupations agricoles, par l’attraitd’un enseignement éminent et varié, par l’exemple de cultures habi-lement dirigées et de quelques expériences savamment conduites?
Et, pour donner à la science agronomique l’essor et la direction,pour la faire participer aux progrès des autres sciences, pour luiconstituer, comme à elles, un centre et un foyer où la lumièrevienne de partout se réfléchir et se concentrer, et d’où elle se répandeensuite sur toute la surface du pays, qu’y a-t-il de mieux à faire quede rallier, pour cette œuvre, des hommes puissants par le génie etl’instruction, et de faire tourner leurs études et leurs travaux ex-clusivement vers les questions agricoles?
Mais où pouvoir réaliser ces avantages, si ce n’est à la proximitémême du mouvement scientifique et des établissements qui en sontle centre, si ce n’est à la portée des ressources qu’ils offrent auxrecherches et à l’étude ?
Jusqu’alors, la difficulté de trouver aux environs de Paris les terresnécessaires à un établissement de cette nature avait opposé à l’admi-nistration un obstacle insurmontable. Les changements amenés parla révolution de Février, en mettant à la disposition de l’Etatle domaine
o