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noncèrent contre le projet et le repoussèrent dans son ensemble etdans ses détails. Afin de donner une idée plus nette des opinionsémises de part et d’autre, on a groupé, dans l’analyse qui suit, cellesqui, tout en approuvant le projet, tendaient d’une part à y ajouterdes dispositions nouvelles, de l’autre à modifier ou à retrancherquelques-uns de ses articles, et on a rapproché immédiatement leséclaircissements et les justifications apportés par le ministre, et lesréfutations des orateurs qui prirent la parole pour repousser les chan-gements proposés.
Ceux qui, sans attaquer le projet, le trouvaient seulement insuf-fisant, disaient :
Vous ne vous occupez que de l’instruction des garçons, et ce-pendant l’intervention des femmes dans l’économie rurale et dansles travaux des champs n’est pas sans influence sur la prospérité del’agriculture. Pourquoi la loi ne fait-elle rien pour l’instruction desjeunes filles de la campagne?
Vous ne prenez les enfants qu’à seize ans, pourquoi ne pas leurinspirer de meilleure heure le goût et l’habitude des travaux de lacampagne? Pourquoi ne pas leur donner, dans les asiles ruraux, lescolonies agricoles et aussi dans les écoles élémentaires ordinaires,une instruction adaptée à la carrière à laquelle ils sont destinés ?
Les connaissances agricoles ne se puisent pas seulement aux leçonsdes professeurs et aux cours publics. Elles se propagent et s’entre-tiennent surtout par de bons livres relatifs à l’agriculture ; il faudraitdonc procurer aux cultivateurs de bons ouvrages, et, pour cela, pro-voquer la publication de ces ouvrages par des récompenses et desdistinctions accordées à ceux qui auraient fait paraître les meilleurs.Il faudrait encore mettre ces livres à la portée de tous les cultiva-teurs par la création de bibliothèques rurales dans chaque village.
L’exemple, en agriculture, est plus éloquent que les leçons etque les livres. C’est donc par l’exemple qu’il faut propager l’instruc-tion agricole. Or on peut provoquer les bons exemples et les mul-tiplier en accordant des primes à tous les cultivateurs qui se dis-