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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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l’état de notre agriculture. Que l’on écoute à ce sujet les agriculteurscompétents; ils disent que les questions les plus vitales de l’agriculture,celles relatives à l’action et à l’emploi des amendements et des engrais,à l’élève du bétail, au croisement des races, à l’alimentation des ani-maux, bien loin d’être aujourd’hui résolues, attendent encore leslumières et les révélations de la science.

L’autre illusion qui porte à regarder notre pratique agricole commetellement parfaite qu’elle peut se passer des lumières de la scienceet des leçons des savants, peut être flatteuse pour notre amour-propre national, mais elle serait fatale à nos intérêts les plus réels,en nous trompant sur l’état d’infériorité de notre agriculture comparéeà celle de l’Angleterre et de l’Allemagne. 11 est incontestable que la pro-duction agricole dans ces deux contrées est beaucoup plus avantageuseque dans le nôtre, grâce à de meilleurs procédés de culture, et qu’ilest urgent, pour la puissance et la prospérité de notre pays, de rega-gner le terrain que nous avons perdu dans cette voie. D’ailleurs, lesagriculteurs les plus éclairés de cette assemblée ne sont-ils pas una-nimes pour déclarer que, dans les départements qu’ils habitent, et no-tamment dans ceux mêmes qu’on a cité pour exemples, l’agriculture estloin d’avoir atteint la perfection dont on lui fait honneur, et que, si elleexcelle dans certaines cultures particulières aux localités, elle laissebeaucoup à désirer sur les autres points, comme sur l’ensemble desconnaissances dont la réunion peut seule former le bon agriculteur.

Sans doute, la pratique peut suffire pour apprendre à labourer età bêcher, mais est-ce donc là seulement ce qui constitue le bon agri-culteur ? Ne faut-il pas qu’il sache aussi choisir, soigner, élever sonbétail? Ne faut-il pas qu’il sache employer les procédés de cultureles plus économiques et en même temps les plus avantageux, pourtirer le meilleur parti de la terre ? C’est là le but des fermes-écoles.Quant à la double inculpation qu’on leur adresse de rester inefficacesen créant trop peu d’artisans agricoles, ou d’être dangereuses parcequelles en produiront un trop grand nombre, il est évident qu’elletombe par ce rapprochement seul : en réduisant ces deux imputations

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