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En résumant ces caractères, l’institut national agronomique se pré-sente donc à la fois sous le triple aspect :
D’une faculté des sciences agronomiques;
D’une école normale supérieure pour l’agriculture;
D’un haut institut complémentaire d’enseignement agricole ouvertaux administrateurs et aux propriétaires qui ont à s’occuper des in-térêts de l’agriculture.
De ce triple caractère découlent d’autres nécessités. Un enseigne-ment agricole sans application pratique resterait forcément incom-plet et insuffisant; il laisserait les professeurs s’aventurer dans lacarrière stérile et illimitée des théories. Il exposerait les élèves à desillusions dangereuses et, par là même, à des mécomptes ou à deserreurs déplorables. Comment, du reste, inspirer le goût et faire naî-tre le désir des occupations agricoles, sinon en montrant l’exempleet en appuyant sans cesse les déductions de la science sur les faits dela pratique.
Il faut donc, à côté d’une école de ce genre, une grande exploitationagricole où puisse s’observer l’application intelligente et habile despréceptes de la science pratique.
Pour que des savants éminents se déterminent à consacrer exclusi-vement leur temps et leurs facultés au progrès des sciences agrono-miques , il faut qu’ils aient à leur portée un champ d’expérimentationoù ils puissent faire exécuter, sous leur direction et sous leurs yeux,les essais et les expériences qu’ils jugent à propos d’entreprendre.Ainsi, à côté d’une exploitation agricole destinée à présenter dansles branches essentielles de l’économie rurale le modèle d’une exploi-tation bien dirigée et bien tenue, il faut encore une école expérimen-tale. C’est là qu’on exécutera aux frais de l’Etat tous les essais, toutesles expériences jugés utiles au progrès de la science agronomique, etqu’on vérifiera pratiquement toutes les innovations, toutes les amé-liorations, afin d’en constater rigoureusement les résultats avant deles recommander et de les propager.
Un institut de cette nature doit donc avoir pour annexe et à sa.