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tiver leur domaine, des fermiers habiles, des régisseurs et des chefsde pratique éclairés et expérimentés.
Les écoles régionales ont donc plus particulièrement en vue lesintérêts de la classe moyenne, ceux des propriétaires et des fer-miers. Elles mettent à leur portée les moyens d’instruction néces-saires pour tirer le meilleur parti du sol qu’ils possèdent ou qu’ilscultivent.
Ainsi, les fermes-écoles s’attachent aux pratiques locales, auxopérations manuelles du travail rural. Elles sont l’apprentissage del’agriculture. A un degré d’enseignement plus élevé, les écoles ré-gionales joignent à la pratique les lumières de la théorie. Elles neforment plus seulement des ouvriers, elles forment surtout les chefsqui doivent les conduire, les intelligences qui doivent les guider enordonnant les systèmes de culture conformément aux exigences dusol, du climat, des besoins de la consommation, et, en s’éclairantcontinuellement, des progrès et des découvertes que l’agriculturedoit à l’application des sciences diverses avec lesquelles elle entrechaque jour plus intimement en communication.
Les rapports réciproques qui unissent ces deux sortes d’établisse-ments sont faciles à saisir. Les fermes-écoles, en formant de bonsmanouvriers cultivateurs, préparent d’indispensables auxiliaires auxpropriétaires et fermiers qui sortent des écoles régionales, et se-condent ainsi l’action de ces écoles.
Les écoles régionales, à leur tour, en donnant l’impulsions auxaméliorations agricoles, en préparant des propriétaires et des fer-miers instruits, capables d’apprécier l’aptitude des auxiliaires dontils ont besoin, facilitent le placement des apprentis des fermes-écoles,et viennent par là en aide à ces établissements.
Mais qui reliera entre elles les écoles régionales éparses sur leterritoire ? Où puiseront-elles les directeurs et les professeurs éclairésqui leur sont nécessaires ? D’où partira l’impulsion qui doit, donnerle mouvement aux sciences agronomiques, l’entretenir et le diriger?
Ici on se trouve forcément conduit à la pensée et au besoin d’une