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mais la nécessité défaire des expériences, de tenter des essais qui peuventcompromettre les résultats généraux de la culture, rendent indispensable,dans ce cas, l'exploitation par l’État. Aussi, avons-nous pensé que les écolesrégionales devaient être l’œuvre du Gouvernement, à la charge duqueltomberaient naturellement, dans ce cas, les dépenses de premier établis-sement, ainsi que les frais de culture qui seraient, à fort peu de choseprès, couverts par les recettes; d’ailleurs, des constructions ou au moinsdes appropriations de locaux doivent y être exécutées, et il serait fâcheuxde faire ainsi, sur la propriété d’un particulier, des dépenses qui ne reste-raient affectées à l’école que pendant un terme court, puisqu’il serait auplus celui de la vie d’un homme ou de la durée d’un contrat.
Les écoles régionales ne devraient pas excéder le nombre de vingt, quinous a semblé répondre aux exigences; elles se recruteraient parmi lesjeunes gens qui se destinent à diriger l’exploitation du sol, soit pour leurpropre compte, soit pour le compte d’autrui. Ces élèves ne seraient admisqu’après examen, et le nombre moyen serait, par chaque région, de qua-rante. On réserverait, en outre, vingt bourses aux élèves des fermes-écolesqui auraient mérité cette récompense par leur travail, leurs connaissancesacquises et leur aptitude.
Mais ici se présente une question dont la solution mérite une sérieuseattention : l’enseignement primaire de l’agriculture donné dans la ferme-école sera gratuit; l’ancien gouvernement l’avait admis, la République nepeut faire moins. Il ne peut donc s’élever d’objection sérieuse contre lagratuité de ce degré d’instruction. Mais en sera-t-il de même pour l’ensei-gnement plus élevé, pour celui de l’école régionale? Non, avons-nouspensé; on doit dans celle-ci, tout en ne faisant rien payer à personne pourles frais d’enseignement, n’entretenir gratuitement que les jeunes gens peufavorisés par la fortune, ayant fait preuve de grande aptitude, de moralité etde zèle dans les fermes-écoles, et n’y recevoir qu’au prix d’une pension repré-sentant les dépenses de nourriture, chauffage, éclairage, etc. les élèvesriches, ne sortant ni de la classe des travailleurs, ni, par conséquent, desfermes-écoles. Nous admettons donc qu’il y aurait dans les écoles régio-nales, i°des boursiers sortis par le concours des fevmes-écoles, et i° desélèves payant pension, admis à la suite d’examens. L’instruction propre-ment dite n’en serait pas moins gratuite pour tous.
La durée des études à l’école régionale serait de deux années au moins
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