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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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à ses propres ressources; bloquée de toutes parts, elle était privée de cellesquelle avait tirées de létranger avant la guerre quil nous déclara sur toutesnos frontières. Le Gouvernement de la République, en lutte avec toutelEurope, désolé par la guerre civile, ne vit de salut que dans lui-même.Au milieu des graves dangers qui lentouraient, il comprit que, si ligno-rance des peuples avait fait la force des monarchies, leur instruction devaitfaire celle des républiques. Il fit donc un appel aux savants. Il fonda desétablissements de haut enseignement-, et en peu de temps des ateliers perfec-tionnés de tout ordre furent établis sur tous les points du territoire. Lessciences naturelles, les mathématiques, la physique, la chimie, la méca-nique, etc., appliquées aux arts et aux manufactures, leur donnèrent desprocédés de fabrication, des méthodes ingénieuses, des machines, des déve-loppements inconnus jusqualors; lactivité des intelligences et des bras futincalculable au milieu des désordres politiques de toute nature; et la Franceprouva ce que peut faire une grande nation libre et éclairée. En peu dan-nées, elle triompha des obstacles que lEurope coalisée avait voulu opposerà la marche de ses doctrines démocratiques ; la face de notre industrie ma-nufacturière, de nos voies de communication, de nos travaux publics, futchangée, et le moindre atelier, comme nos institutions de tout ordre, nousoffre aujourdhui les traces de la cause qui détermina cette heureuse révo-lution, aussi rapide quinattendue.

Cependant lindustrie agricole fut loin de recevoir la même impulsion.Ses ouvriers furent abandonnés à eux-mêmes sans instruction. Les capitaux,comme les intelligences qui les font prospérer, furent dirigés vers lindustriemanufacturière, les arts et le commerce. On oublia détablir le juste équi-libre qui naurait jamais cesser dexister entre eux et la production dusol. On imita trop Colbert, qui sétait trop éloigné lui-même des principesde lécole de Sully. Colbert, en effet, plus financier quéconomiste, fit toutpour le commerce et lindustrie manufacturière. Il appela,pour réussir, lesintelligences les plus renommées de lEurope dans les sciences physiques,mathématiques, anatomiques, etc., et il ne fit rien pour lagriculture. Etcependant cétait elle qui fournissait les matières premières de fabrication,le grand ministre ne pouvait pas lignorer; cétait elle qui nourrissait lepeuple, payait les plus gros impôts, et élevait les soldats les plus robustescomme les mieux disciplinés. Qui ne sait les ressources que la républiqueet lempire trouvèrent dans les populations rurales, quoique déshéritées