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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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de la science de leur profession, pour combattre lEurope coalisée contrela France?

Le cultivateur était donc abandonné à lui-même. Peu éclairé dans sonart, il exploitait le sol comme ses pères et ne progressait pas. Sa professionnavait pas reçu, comme les autres, les bienfaits de linstruction profes-sionnelle. LÉtat avait fondé lécole polytechnique pour les besoins delarmée, des places fortes, des travaux publics, de la marine; celle desmines pour lexploitation des richesses minérales ; lécole normale pourlenseignement; celle des arts et métiers pour les professions, les métiersdivers ; les écoles militaires, les écoles de médecine humaine et vétérinaire,celle de droit, etc.; et lon sait les services immenses que leurs élèvesrendirent partout ils furent employés chacun dans sa spécialité. Lagri-culture seule fut privée de son enseignement, et cependant, sil avait étéoiganisé, le bien-être du peuple, la puissance de la France, se trouveraientaujourdhui dans des conditions bien différentes. Mais, abandonnés à eux-mêmes par les gouvernements monarchiques, les cultivateurs, ces ouvriersde la nature, furent obligés de travailler la terre suivant leurs anciennesméthodes, quand toutes les autres industries en avaient de perfectionnéesdepuis longtemps.

Nous devons cependant rendre justice aux bonnes intentions de la pre-mière Assemblée nationale, de la Convention et du Directoire. Si lagricul-ture alors ne reçut pas, comme les autres industries, les bienfaits dessciences, cest que les événements si extraordinaires de cette époque sop-posèrent à la réalisation de lenseignement agricole, dont ces assembléesavaient compris toute limportance. La Convention surtout avait décrété,sur la motion de labbé Grégoire, qui siégeait parmi ses membres, queplusieurs domaines nationaux seraient convertis en écoles expérimentalesdagriculture. En 1793, elle fonda, au Jardin des Plantes quelle avaitréorganisé, des chaires déconomie rurale et de culture pratique. Elle favo-risait, en même temps, dans ce magnifique établissement et à lécoledéconomie rurale et vétérinaire dAlfort, les expériences du célèbre natu-raliste Daubenton sur le perfectionnement du mérinos. Elle donna lordreà lInstitut national de choisir tous les ans vingt citoyens instruits sur lessciences agricoles, pour faire des voyages agronomiques et étudier lesmoyens de faire progresser lagriculture. Cet ordre est resté dans le rè-glement de lInstitut.