— 338 —
tayers, de petits fermiers intelligents, des contre-maîtres capables de rem-placer au besoin les chefs des grandes exploitations. Ils pourraient conduiresous leur direction tout leur personnel de travailleurs, et les travaux qu’ilsexécutent. Ces citoyens instruits, placés entre les patrons et les ouvriers,ont rendu d’éminents services à l’industrie manufacturière. Ils manquentà l’agriculture; et quand ils seront formés, nous pouvons affirmer quelleleur devra la plus grande partie de la prospérité dont elle jouira lorsqu’ellesera éclairée.
Les jeunes gens qui se feront distinguer dans les fermes-écoles par leurconduite, leur intelligence et leur savoir dans les examens qu’ils subirontpour leur classement, pourront être admis, aux frais de l’Etat, dans lesécoles régionales et l’Institut national agronomique dont nous vous entre-tiendrons plus loin.
La fondation des fermes-écoles, telle que le citoyen ministre la propose,a eu l’approbation unanime de votre commission. Leur organisation estsimple, bien comprise et peu dispendieuse. L’expérience a d’ailleurs prouvé,dans quelques points de la France où il en existe déjà, et surtout en Alle-magne et en Suisse, que leur concours sera de la plus haute importancepour l’augmentation des produits du sol. Voici sur quelles bases reposentces établissements.
Le directeur de la ferme-école, fermier ou propriétaire, devra se pour-voir de tout le capital indispensable à une exploitation bien comprise etbien dirigée. Il devra avoir prouvé par des résultats qu’il est capable dedonner à ces élèves toutes les explications nécessaires pour leur fairecomprendre la raison de toutes les opérations de sa ferme, et les méthodesjudicieuses qui commandent leur réussite, constatées par la pratique. Ici,point de faits hasardés, point de théories qui pourraient fausser le juge-ment des enfants et les entraîner dans une fausse voie. L’enseignement dela ferme-école ne doit être que le compte-rendu de toutes les opérationsde l’agriculture raisonnée et progressive qui y est pratiquée.
Le directeur de la ferme-école veillera à ce qu’aucun des membres dupersonnel d’enseignement qui sera sous ses ordres ne s’écarte de ce prin-cipe fondamental de l’instruction dont la direction lui est confiée.
D’après ce court exposé, on voit que la ferme-école doit faire des prati-ciens éclairés, des observateurs qui chercheront à se rendre compte des