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faits pour les juger sainement, au lieu de discuter dans le vague et l’in-connu.
Dans les pays où la rigueur des hivers oblige à suspendre les travaux deschamps, on pourra enseigner aux apprentis cultivateurs un métier acces-soire à l’agriculture, qui entretiendra leur goût pour le travail, et les occu-pera utilement sans nuire à leur instruction agricole. Le directeur devraitsurtout profiter de ce temps pour attirer l’attention de ses élèves sur l’étudeimportante de l’économie du bétail, si méconnue en France. Elle est cepen-dant si indispensable aux progrès de l’agriculture et au bien-être du peuple!C’est surtout pendant l’hiver qu’on peut s’instruire sur les animaux dansles étables, les bergeries et les écuries. On étudie avec soin leur race, leurconformation, leur nature; et, en les comparant entre eux, on voit quelssont ceux qui profitent le mieux du régime commun auquel ils sont soumis.On peut, avec un peu d’esprit d’observation, vers lequel on doit toujoursdiriger les élèves, juger quels sont les animaux dont la conform tion parti-culière , la race ou la nature, sont plus aptes au but auquel ils sont desti-nés, chacun dans leur spécialité. Les praticiens savent tous quelle différenceil y a dans le rendement des animaux soumis aux mêmes conditions d’en-tretien.
C’est là, nous le répétons, une question trop méconnue en France, etsur laquelle nous reviendrons plus loin. Son étude devra être sérieuse à laferme-école, et c’est surtout pendant l’hiver que les élèves auront le loisiret les moyens de l’approfondir, sous la direction d’un bon maître.
Le personnel d’enseignement pratique de la ferme-école sera composéde cinq membres : un directeur, un chef de pratique, un surveillant comp-table, un vétérinaire, un jardinier-pépiniériste. Le directeur dirigera l’ins-truction dans le sens d’une bonne agriculture, raisonnée, lucrative et bienadaptée aux conditions du lieu où il se trouve. Il sera chargé d’expliquer,de la manière la plus simple et la plus élémentaire, tous les faits pratiquésdans sa culture, et qui forment l’ensemble de son exploitation et de sonadministration rurales.
Le chef de pratique, ouvrier exercé, dirigera les ateliers et apprendraaux élèves la manière de bien se servir de tous les instruments employésdans l’exploitation. Il enseignera aux élèves à bien atteler, à bien conduireles animaux, à bien les soigner pendant et après le travail, à être doux etpatients avec eux. Il veillera surtout à ce qu’ils ne les maltraitent jamais. On
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